L’ONF estime que les chênes centenaires se feront plus rares à cause du réchauffement climatique. Olivier Piéton - stock.adobe.com

Surnommé le «président» de la forêt de Pourlans, en Saône-et-Loire, le Chêne Borgeot était emblématique. Du haut de ses 320 ans et ses 39 mètres de haut, il était fragilisé notamment par le climat. Sur décision de l’ONF, il a été tronçonné en fin de semaine dernière.

L’interminable tronc du Chêne Borgeot faisait lever plus d’un menton dans la forêt de Pourlans. Véritable institution végétale, il comptait au moins 320 années de vie sur Terre et avait atteint la taille épatante de 39 mètres (et un diamètre de 165 cm). Les habitants le surnommaient affectueusement «le président» et parfois «le roi». Mais le roi est mort.

Comme le relate Le journal de Saône-et-Loire, les bûcherons de l’Office national des forêts (ONF) ont procédé à l’abattage du chêne pédonculé devant une trentaine de personnes, vendredi 30 octobre. Son nom est un hommage à Charles Borgeot - sénateur de Saône-et-Loire ayant voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en 1940.

Un chêne tricentenaire à la santé fragile

La décision d’abattre l’arbre a été prise par l’ONF en tenant compte de son âge mais surtout de son état de santé inquiétant. En cause, le réchauffement climatique et les sécheresses successives. Un coup de vent avait emporté la partie supérieure gauche du chêne il y a deux ans. La canicule de cet été avait fini d’achever la dernière partie du houppier restante.

Marion Henry, chargée de sylviculture à l’ONF, expliquait dans une interview parue sur le site de son employeur : «Avec les sécheresses successives que nous vivons, les chênes sessiles et pédonculés ont un état de santé fragilisé, il nous préoccupe c’est vrai, mais nous restons très optimistes car sur le terrain on constate déjà que le chêne apprend à se défendre et s’adapte aux conditions climatiques nouvelles.» Une note d’espoir donc pour les autres chênes centenaires.

Au-delà des températures extrêmes et de la sécheresse, d’autres dangers climatiques guettent les vieux chênes de la forêt française : les orages, les grêles et les tempêtes. Enfin, la présence de champignons ou d’insectes peut aussi les mettre à mal. On pense au bombyx disparate, aux orchestes (coléoptères) et à l’agrile du chêne.

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Les arbres symboliques de France tombent un à un

«Ce chêne, c’est tout un symbole, un témoin historique de la forêt, a déclaré Rémy Gay, le maire de Pourlans, lors de l’abattage, relayé par Le journal de Saône-et-Loire. Donc il y a un peu d’émotion.» Tronçonné, l’arbre s’est effondré. Il sera ensuite emporté en lisière de forêt pour procéder aux analyses sur sa santé, son âge précis - avec le décompte des cernes - et il sera ensuite vendu dans quelques mois.

Le Chêne Borgeot n’est pas le seul arbre remarquable à faire les frais d’une année terrible pour le règne végétal. Le fameux saule pleureur centenaire de Vannes et le hêtre pourpre tricentenaire de Roubaix et le tilleul centenaire de Strasbourg ont récemment rendu les armes à cause des canicules successives.

Source: Le Figaro · Paul Leboulanger

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