Les Forces armées d’Haïti poursuivent leur reconstruction. Remobilisées en 2018 après de longues années de démobilisation, elles manquent encore d’officiers bien formés. Et il y a urgence : dans l’ouest du pays, la situation sécuritaire reste préoccupante et les gangs imposent leur loi. Pour y faire face, le lieutenant-général Derby Guerrier, commandant en chef de l’armée haïtienne, explore les pistes de coopération internationale. Son choix s’est porté sur le Bénin, un partenaire capable selon lui d’apporter des solutions. Le général et sa délégation séjournent toute la semaine dans le pays, avec au programme la visite de plusieurs garnisons et académies militaires.

Publié le : 04/11/2026 - 00:28

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Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan 

Ouverture protocolaire. La visite commence à l’état-major général des armées, à Cotonou. Le général de corps d’armée Fructueux Gbaguidi reçoit son hôte avec les honneurs militaires : revue des troupes et hymne national haïtien. Suivent une audience, un échange de cadeaux et une brève déclaration.

Le lieutenant-général Derby Guerrier, en poste depuis août 2024, retrace le parcours tourmenté de l’armée haïtienne : sa démobilisation, puis une renaissance engagée il y a neuf ans. La reconstruction reste pourtant inachevée, reconnaît-il. « Il nous manque des cadres. Pour former un officier, ça prend du temps. Pour monter une académie militaire, ce n’est pas du jour au lendemain. Nous nous tournons vers nos frères béninois. Pour nous les Haïtiens, le Bénin, ce n’est pas seulement un peuple frère. Le Bénin, c’est nous, c’est notre sang. »

« Nous sommes prêts à former »

Sa demande ? Que les académies militaires forment les jeunes recrues haïtiennes. Son frère d’armes béninois lui répond favorablement. « Nous sommes prêts à former, du grenadier voltigeur jusqu’à l’officier d’état-major. Haïti, c’est nous. Haïti, c’est l’autre Bénin, il n’y a que l’océan qui nous sépare », a déclaré Fructueux Gbaguidi.

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Seconde requête : la participation de soldats béninois à la mission de sécurisation de Port-au-Prince. La situation reste difficile, alerte le général Guerrier. Il rapporte que les gangs bloquent les axes routiers et rappelle l’enlèvement récent de 4 militaires salvadoriens. « C’est une prérogative du chef de l’État. Je lui rendrai compte fidèlement », a répondu Fructueux Gbaguidi.

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Source: RFI

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