Le candidat Horizons à la présidentielle a relié les pillages du 17 octobre à l'immigration. Pour Maud Bregeon, il a "dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas".

France Télévisions

Publié le 02/11/2026 22:40

Temps de lecture : 1min

Edouard Philippe et Maud Bregeon (au premier rang, à droite), le 8 septembre 2026 à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

Après les propos d'Edouard Philippe reliant les pillages du 17 octobre à l'immigration, le camp du candidat Horizons à la présidentielle se retrouve accusé par la gauche de flirter avec les idées de l'extrême droite, notamment Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et soutien du maire du Havre. "La porte-parole du gouvernement a repris à son compte du Jean-Marie Le Pen en matinale" et "la question de sa démission ne se pose même pas", s'est indignée lundi 2 novembre la candidate écologiste Marine Tondelier sur X. Même son de cloche chez le communiste Ian Brossat, pour qui le fondateur du parti d'extrême droite "utilisait" les mêmes termes "à chaque fois qu'il dégainait ses sorties racistes".

En cause, des déclarations de Maud Bregeon dans la matinée sur franceinfo. "Je crois qu'Edouard Philippe a dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas, à savoir qu'on a un problème d'intégration qui est réel en France", a affirmé la porte-parole du gouvernement, alors que son candidat est en concurrence avec plusieurs rivaux au centre et à droite, de Gabriel Attal à David Lisnard, pour le scrutin de 2027.

Dans un entretien accordé au Point, l'ancien Premier ministre avait jugé la semaine dernière "patente" la "surreprésentation" de jeunes issus de l'immigration lors des pillages de magasins le week-end du 17 octobre, citant l'écrivain Charles Péguy pour inviter à "voir ce que l'on voit". Des propos réitérés en substance dimanche soir dans un entretien au journal de 20 heures de TF1.

Le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon l'accuse de "ne pas croire" à ce qu'il dit, mais de parler ainsi "par clientélisme racialiste". Seule voix extérieure à la gauche à tirer à boulets rouges sur les propos d'Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin, s'est fendu d'un texte pour déplorer le "basculement politique" que représentent selon lui les mots du maire du Havre. "Voir ce que l'on voit, c'est accepter que la démocratie soit désormais captive des écrans" et revient à "essentialiser les positions des uns et des autres en fonction des signes visibles" tels que la "religion" ou la "couleur de peau", a cinglé l'ancien ministre des Affaires étrangères. Une indignation partagée par Olivier Faure, pour qui Édouard Philippe "dérive dans les eaux noires des préjugés racistes".

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Source: Franceinfo · franceinfo avec AFP

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