Le journaliste de 26 ans a été l'un des premiers à assister à l'ouverture des prisons syriennes après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024. Sur France Inter, il revient sur son livre lauréat du prix Albert-Londres.

Radio France

Publié le 29/10/2026 08:33 Mis à jour le 29/10/2026 09:21

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Le journaliste français Arthur Sarradin. (GUILLAUME SALIGOT / AFP)
Le journaliste français Arthur Sarradin. (GUILLAUME SALIGOT / AFP)

Cette récompense "honore une mémoire qui est celle de l’univers concentrationnaire installé en Syrie et de ses survivants", réagit Arthur Sarradin, jeudi 29 octobre sur France Inter, lauréat dans la catégorie livre du prix Albert-Londres et correspondant au Liban pour plusieurs médias dont Radio France. Le journaliste de 26 ans a été l'un des premiers à assister à l'ouverture des prisons syriennes après la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024. Il retrace dans son ouvrage cet univers à travers les témoignages d'anciens détenus ou de petites mains du régime.

Pour le journaliste, les personnes qui ont accepté de prendre la parole "font vivre une mémoire qui permettra que le crime contre l'humanité ne se reproduise". L'ouvrage est fondé sur les récits de survivants, notamment des rescapés de la sinistre prison de Sednaya et laisse place à des témoignages particulièrement difficiles. Arthur Sarradin revient également sur les sensations ressenties à la prison de Sednaya : "Des odeurs très violentes, pénétrantes, des corps qui étaient décharnés, des prisonniers un peu hagards, qui sortaient après parfois des années de torture".

Arthur Sarradin a voulu raconter "tout ce qu'on ne lisait pas sur ce qu'on savait déjà de Sednaya"."Si on va ce jour-là dans cette prison que les Syriens surnommaient l'abattoir humain de Bachar al-Assad, c'est parce qu'il y avait eu un continent littéraire déjà, qui racontait cette prison, parce qu'il y avait eu des rapports d'ONG, mais je pense qu'aucun n'était à la hauteur encore pour décrire ce qu'on avait vu ce jour-là", poursuit-il.

"Les gens avaient un tel besoin de parler", assure Arthur Sarradin. Le journaliste rappelle que le silence "était l'arme du régime", un silence qui "était imposé dans les prisons pour taire". "On n'avait pas le droit de parler dans les prisons", rappelle-t-il.

Arthur Sarradin se souvient aussi de la joie qui a suivi le 8 décembre 2024, jour de la chute du régime de Bachar al-Assad et du "versant de la révélation de toute l'horreur du régime qui se mettait à déborder sur toute la Syrie". Il explique avoir ressenti un "vertige historique" et s'être senti "tout petit face à l'information".

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