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Aux États-Unis, des mères influenceuses vantent sur Instagram le fait-maison, le lait cru et le suif de bœuf. Derrière les jolies vidéos, un discours complotiste et antivax, porté par le ministre de la Santé, Robert Kennedy Junior. Courtisées par les deux camps, elles s’invitent dans les élections de mi-mandat.

Radio France

Publié le 03/11/2026 10:39

Temps de lecture : 2min

Dans le sillage des tradwive, les MAHA moms sont souvent mère au foyer et partisanes de l'école à la maison (DEBROCKE/CLASSICSTOCK / ARCHIVE PHOTOS / GETTY IMAGES)

Brushing laqué, sourire Ultra Brite et manteau en moumoute rose: Vani Hari arpente les rayons d’un supermarché pour vanter sa marque de protéines. Avec 2,3 millions d’abonnés sur Instagram, elle est devenue une star des réseaux depuis sa cuisine, en préparant de A à Z les repas de ses enfants pour leur pause déjeuner. Les fameuses Lunch Box. Son pseudo ? The Food Babe. Son combat ? Chasser les produits chimiques qui empoisonneraient l’assiette des bambins américains. Vani Hari est la figure de proue des MAHA moms.

"Make America healthy again", traduisez "rendre sa santé à l’Amérique". Quatre lettres calquées sur le MAGA ("Make America great again") de Donald Trump. Sur Instagram, ces mères vantent leurs petits-déjeuners maison et deux aliments : le lait cru, le raw milk, et le suif de bœuf, la graisse de bœuf, en soin du visage.

Mais derrière les jolies vidéos se cache un moche discours complotiste. Gubba, du compte Instagram GubbaHomeStead, autre star du mouvement, assure que Joe Biden est un clone et que l’école lave le cerveau des enfants. D’autres croient aux chemtrails : les traînées blanches des avions répandraient des poisons. Et surtout, elles sont antivax. Ces mères refusent les obligations vaccinales, et en 2020, le Covid les radicalise.

Leur porte-parole pèse lourd chez les trumpistes : Robert Kennedy Junior, neveu de JFK, ancien avocat écologiste démocrate devenu antivax, rallié à Trump et nommé ministre de la Santé. Le 17 septembre, devant des militants antivax, il promettait même d’enquêter sur les chemtrails. "Vous avez dans la Maison-Blanche un solide ami. Pourquoi, je vous le demande, ne devrions-nous pas nous occuper des enfants qui meurent, qui souffrent à cause des effets secondaires des vaccins ?", lançait-il. Tout ça en pleine épidémie de rougeole aux États-Unis : près de 5 000 cas cette année, du jamais vu depuis 35 ans.

Quatre Américains sur dix disent soutenir MAHA, selon un sondage récent. Le mouvement se vante d’avoir fait gagner Trump en 2024. Sauf que rien ne va plus au pays des mamans réacs. En février, Donald Trump signe un décret pour produire plus de glyphosate, ce désherbant qu’elles combattent depuis des années. Kennedy applaudit. Près d’un électeur MAHA sur deux juge que Trump n’en fait pas assez. Les MAHA moms se sentent trahies par une administration qui les soutenait.

Les démocrates, eux, tentent de les séduire en mettant la santé au cœur de leur campagne. C'est ce que décrypte Jessica Grose dans un édito pour le New York Times publié le 31 octobre. Sept médecins et quatorze infirmières briguent pour la première fois un siège au Congrès sous leurs couleurs. La plus en vue, Annie Andrews, pédiatre candidate au Sénat en Caroline du Sud, fait campagne en blouse blanche et ressemble trait pour trait aux influenceuses qu’elle combat : quadra, mère de trois enfants, brushing blond impeccable.

Mais passer du complotisme au bulletin bleu, ce n’est pas si simple. Le vrai risque pour Trump, c’est que ces mères déçues restent à la maison, mardi.

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Source: Franceinfo · franceinfo, Constance Vilanova

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