Au nom de la sécurité, les autorités chinoises ont décidé d’interdire la possession et l'usage de drones dans la capitale et sa banlieue à compter du 15 novembre. Une décision qui suscite l’incompréhension.

Radio France

Publié le 02/11/2026 08:59

Temps de lecture : 2min

Un panneau indiquant une "zone interdite aux drones", à Pékin le 14 septembre 2026. (PEDRO PARDO / AFP)
Un panneau indiquant une "zone interdite aux drones", à Pékin le 14 septembre 2026. (PEDRO PARDO / AFP)

À Pékin, les propriétaires de drones n'ont plus que deux semaines pour se débarrasser de leurs appareils, avant la date limite du 15 novembre imposée par le gouvernement. Alors qu'ailleurs en Chine, les drones sont partout - spectacle lumineux, livraison de nourriture, transport de sang pour les hôpitaux - à Pékin, il n'y a plus un bruit dans le ciel. Les drones sont bannis.

"Avec la nouvelle réglementation, on n'a plus le droit de posséder un drone ici. Je dois me séparer du mien, il est presque neuf", témoigne Dapeng, un trentenaire propriétaire d'un drone. Il s'est rendu à un point de rachat, écœuré : il a acheté son appareil 1 300 euros il y a deux ans, et on lui en propose à peine 400 euros. "C'est bien moins que ce que je peux en tirer d'occasion. Alors je vais l'envoyer dans une autre ville, pour le revendre là-bas", explique-t-il.

Les autorités proposent bien des subventions mais elles sont dérisoires. Les propriétaires doivent fournir à la police la preuve qu'ils n'ont plus de drone. Ce vendeur d'une boutique DJI, le géant chinois du secteur, prévient : "Si vous n'avez pas rendu votre drone avant le 15 novembre, il sera considéré comme illégal. Et n'espérez pas y échapper, c'est obligatoire, pas le choix. Si vous voulez le garder, et continuer à l'utiliser, vous pouvez lui faire quitter la ville, mais il ne pourra plus jamais revenir à Pékin."

Alors pourquoi une interdiction aussi radicale ? La sécurité de l'espace aérien de Pékin, avec tous ses lieux de pouvoir, a montré ses failles, en juin, quand un petit avion de tourisme s'est écrasé contre le plus haut gratte-ciel de la ville. Depuis, tout ce qui vole est considéré comme une menace.

Jörg Endriss dirige le bureau de l'ARD à Pékin, la télévision publique allemande. Il pointe les limites de cette décision : "On a arrêté d'utiliser nos drones mais maintenant, il manque quelque chose à nos reportages. Personnellement, je pense que ce n'est pas dans l'intérêt de la Chine de faire ça, parce qu'on veut faire de belles images. Et si en fin de compte, nos reportages sont moins attrayants, il pourrait, à terme, y en avoir moins depuis la Chine. Mais il semble y avoir une certaine paranoïa au sein des services de sécurité."

Cette interdiction contraste avec les ambitions du plan quinquennal, qui veut faire de "l'économie de basse altitude" - des drones de livraison aux taxis volants - un moteur de croissance. Mais pas dans le ciel pékinois.

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Source: Franceinfo · franceinfo, Delphine Sureau

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