Dans le désert du Néguev, les habitants bédouins dénoncent les discriminations et les expulsions dont ils sont victimes. Après quatre ans de politique menée par l'extrême droite, ils espèrent que les élections permettront de changer leur quotidien.

Radio France

Publié le 08/11/2026 13:56

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Des enfants marchent sur les décombres de la mosquée Khalid ibn al-Walid, dans le village d'Al-Dahiya, près de Rahat, dans le district sud d'Israël, le 12 octobre 2026. (AHMAD GHARABLI / AFP)
Des enfants marchent sur les décombres de la mosquée Khalid ibn al-Walid, dans le village d'Al-Dahiya, près de Rahat, dans le district sud d'Israël, le 12 octobre 2026. (AHMAD GHARABLI / AFP)

Gadi Eisenkot a été choisi par le président Isaac Herzog pour tenter de former une coalition et diriger le pays. Les partis sionistes ne suffiront pas et il pourrait devoir trouver des compromis avec les Palestiniens de nationalité israélienne, qui ont obtenu un score record de 19 sièges et promis de le soutenir. Mais à quel prix ? Les négociations entrent dans le dur. Pour la minorité arabe, qui représente plus de 20 % de la population de l'État hébreu, il était temps, après quatre ans de discriminations sous un gouvernement dominé par l'extrême droite, de faire entendre sa voix dans les urnes.

Le 12 octobre dernier, seulement quinze jours avant les élections, les autorités israéliennes ont rasé le village bédouin d'Al-Dahiya, considéré comme illégal. "Nous n'aurions jamais imaginé qu'ils détruiraient toutes les maisons et laisseraient un champ de ruines, témoigne un habitant. Mais on a vite compris que cette décision avait été prise par les ministres d'extrême droite, Smotrich et Ben Gvir, pour séduire leur électorat."

En quelques heures, 400 habitants, dont Ahmad et sa fille Aden, ont été jetés à la rue. Depuis quatre ans, le gouvernement le plus à droite de l'histoire d'Israël procède à des expulsions qui ne visent que la population arabe. Et c'est pour mettre fin à cette politique violente et discriminatoire que les 250 habitants du village en âge de voter se sont tous mobilisés. "C'était important. Ils ont détruit nos maisons. C'était donc essentiel de se rendre aux urnes pour changer de gouvernement", explique une habitante.

"On espère que les Israéliens vont modifier le regard qu'ils portent sur nous et qu'on pourra enfin être intégrés à la société."

Une habitante d'Al-Dahiya

à franceinfo

Un vœu pieux pour l'activiste Huda Abu Obaid, qui espère que l'opposition sioniste dirigée par Gadi Eisenkot saisira la main tendue. "On va voir ce qu'il va se passer, si nous allons vraiment avoir un gouvernement avec eux, des Juifs et des Arabes, ou si les Juifs vont faire tout leur possible pour ne pas laisser les Arabes participer à ce gouvernement. Si les Israéliens veulent conserver leur démocratie, ils ne peuvent pas le faire seuls parce que l'extrême droite les fait glisser vers le fascisme. La seule option est un gouvernement de gauche avec les Arabes", estime-t-elle.

Car aujourd'hui, la jeune femme considère qu'Israël "est un État démocratique, dit-elle, seulement pour les Juifs" et pas pour les Palestiniens de nationalité israélienne comme elle.

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