Après la collision meurtrière entre deux trains mercredi en Espagne, il reste encore des personnes non identifiées. Les familles des victimes oscillent entre peur et espoir.

Radio France

Publié le 30/10/2026 08:16 Mis à jour le 30/10/2026 08:19

Temps de lecture : 1min

L'extérieur du centre de support des familles à Urda, en Espagne, le 28 octobre 2026. (OSCAR DEL POZO / AFP)
L'extérieur du centre de support des familles à Urda, en Espagne, le 28 octobre 2026. (OSCAR DEL POZO / AFP)

Depuis l'accident, Manuel ne lâche plus son téléphone. "Allo ?", répond-il plein d'espoir. "Pardon, j’ai vu un long numéro et j’ai cru que c’était la gendarmerie", finit-il par dire à son interlocuteur. Il attend désespérément des nouvelles de son petit frère. Le dernier bilan après l’accident ferroviaire en Espagne fait état de 69 morts et pourrait encore s'alourdir. Il y a aussi des blessés dont beaucoup restent encore à identifier. De nombreuses familles qui sont accueillies à Tolède, à 100 kilomètres au sud de Madrid, se retrouvent donc sans nouvelles de leurs proches comme Manuel.

Manuel nous explique que Pépé, son petit frère, "était dans le train de la Renfe, dans le premier wagon". Autrement dit, celui qui a tapé le plus fort contre l'Iryo arrêté en pleine voie juste devant. "La gendarmerie a commencé à appeler les proches de ceux dont le sort demeure inconnu. Donc j'attends qu'elle m'appelle. On va voir si elle m'envoie dans un hôpital pour aller chercher mon frère et l'embrasser", espère Manuel.

C'est le désir le plus cher de Manuel : que son frère soit en train d'être soigné sans avoir été identifié pour le moment. Alors dès qu'il est arrivé à Tolède, Manuel s'est rendu à la gendarmerie pour prélever des échantillons de son ADN afin d'accélérer le processus d'identification. En attendant, il montre la photo de son petit frère, portant les mêmes cheveux gris que lui, à tous les rescapés du centre où ils sont hébergés depuis l'accident.

"Je me sens fatigué. Ça fait deux jours d'incertitude maintenant."

Manuel, frère d'une victime de la collision

à franceinfo

"Ça pèse. Les nuits aussi sont dures", ressent-il. Pour autant, il n'est pas en colère. "Fâché ? Pour quoi faire ? Ce sont des choses qui sont hors de contrôle. La seule chose que je veux, c'est voir mon frère. Il y aura le temps d'être en colère, mais là tout de suite, à quoi ça me sert ?" Petite lueur d'espoir, son frère ne voyageait pas seul. "Il voyageait avec un petit chien. Le chien a été retrouvé sain et sauf par les secours et rendu à ma belle-sœur. Ils l'ont sorti du wagon", indique-t-il. Un signe peut-être. En tout cas, lui ne perd pas espoir et attend toujours l'appel libérateur.

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