DÉCRYPTAGE - À ses universités d’été comme devant les lycées bloqués, LFI a fait de la souffrance psychique un sujet politique central. Et ça fonctionne. Car pour la génération Z, ce sujet est devenu un signe de ralliement.
Ce vendredi-là, Frédéric Lordon a dû apprendre à redistribuer son capital symbolique. Le 21 août, aux universités d’été de La France insoumise, l’économiste n’était pas la seule attraction de la journée. Sous la tente beige dressée au bord du lac d’Aiguille, près de Valence, le sol est jonché de paille sèche et les regards sont braqués vers l’écrivain Adèle Yon, conviée pour échanger avec la députée Anaïs Belouassa-Cherifi autour de son livre Mon vrai nom est Élisabeth, sorti en 2025, traduit en 21 langues, et vendu à plus de 280 000 exemplaires. Un exploit en ces temps qui courent où la lecture relève pratiquement de l’activité de niche, aux côtés de la taxidermie et du jeûne intermittent.
L’ouvrage retrace l’histoire de sa famille, des bourgeois qui sur le papier réunissaient les conditions d’une vie paisible. Puis l’arrière-grand-mère, Betsy, a été diagnostiquée schizophrène dans les années 1950, internée sous contrainte pendant dix-sept ans et lobotomisée. La psychiatrie de l’après-guerre…
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Source: Le Figaro · Ronan Planchon
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