Installer une pompe à chaleur ou une climatisation sans améliorer l’isolation du logement en réduit l’efficacité. eliosdnepr / ADOBE STOCK

De plus en plus de ménages sont confrontés à «l’inconfort thermique» en été comme en hiver. Les moins de 35 ans sont les plus exposés, alerte le Médiateur national de l’énergie Bernard Doroszczuk.

La hausse des prix du gaz, de l’électricité et du fioul a de graves conséquences négatives sur le budget des ménages. Plus d’un tiers a ainsi eu des difficultés à payer certaines factures énergétiques, contre 18% en 2020, selon les données du dernier baromètre Energie-info du Médiateur national de l’énergie, publié ce mardi. Celui-ci, Bernard Doroszczuk, alerte sur le fait que ces difficultés à honorer des factures sont aussi un frein à la transition énergétique. «La baisse du pouvoir d’achat des ménages précaires obère leur capacité à investir. Ils sont de moins en moins enclins à réaliser des dépenses pour électrifier leurs usages, faute de moyens pour le faire», souligne-t-il.

Les moins de 35 ans sont particulièrement exposés, alors qu’ils sont aussi les plus nombreux à se dire favorables au passage à l’électrique, que cela concerne l’installation d’une pompe à chaleur ou l’achat d’une voiture à batteries. En effet, 55% des moins de 35 ans ont du mal à payer leurs factures, contre 34% pour la moyenne des Français. Autrement dit, difficile d’engager des dépenses lourdes quand il est déjà compliqué de faire face aux dépenses quotidiennes. Même si elles ont pour objectif de faire baisser les factures. Pour sortir de ce cercle infernal, Bernard Doroszczuk préconise un maintien des aides aux plus précaires, notamment pour améliorer l’isolation des logements. Un moyen indispensable de lutter contre le froid hivernal, mais aussi contre les vagues de chaleur estivales.

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Le Médiateur de l’énergie alerte par ailleurs sur un effet indésirable des certificats d’économie d’énergie (CEE). Ceux-ci ont un impact sur les factures énergétiques de l’ensemble des Français. Or, selon Bernard Doroszczuk, seuls une partie d’entre eux, les plus aisées, sont en mesure d’investir dans des travaux d’isolation et dans l’électrification de leur logement, et donc de bénéficier des aides financées par les CEE. Pour rééquilibrer la situation, de nouvelles formes de soutien pourraient être mises en place, financées par exemple grâce aux économies réalisées après des travaux d’isolation. «Si rien n’est fait, le risque de voir une transition énergétique à deux vitesses est réel», conclut Bernard Doroszczuk.

Source: Le Figaro · Elsa Bembaron

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