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Manuel Obadia-Wills pour M Le magazine du Monde

Par Valentin Pérez

Publié aujourd’hui à 05h30

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PortraitPour chacun de leurs shows, les plus grands créateurs de mode s’arrachent les services de Pat McGrath. Reine des « make-up artists », la Britannique d’origine jamaïcaine anoblie par Elizabeth II est capable de toutes les audaces pour sublimer les mannequins avec ses poudres, ses crèmes et ses pigments. Une aura que même l’échec de sa propre marque de maquillage n’a pas ternie auprès du milieu.

Tout sourire dans le Musée du Louvre, tête penchée vers la pyramide de verre qui laisse entrevoir le ciel couchant, Pat McGrath vous saisit l’avant-bras. « Regarde notre chance, my darling ! Le Louvre fermé, rien qu’à nous ! Quel honneur et quelle bénédiction d’être là, de faire ce métier, d’être témoin de tant de beauté », s’exclame-t-elle de sa voix chaude et éraillée. Ce 6 octobre, le défilé Louis Vuitton printemps-été 2027 pour lequel elle tient le rôle de maquilleuse en chef vient à peine de s’achever et, avec lui, un mois entier de fashion week qui ne lui aura pas laissé une seconde de répit.

Coach, Khaite, Cos, Fendi, Bottega Veneta, Saint Laurent, The Row, Loewe, Alaïa, Miu Miu, Vuitton… Au total, la Britannique a imaginé le maquillage de dix-neuf défilés (cinq à New York, trois à Milan, onze à Paris), mais aussi ceux de Vogue World, un défilé-spectacle à la gloire de la mode et du magazine américain, qui fut un temps fort de la semaine de la mode milanaise, fin septembre.

« Pour Pat, le maquillage participe de la création d’un personnage et d’une narration. A chaque défilé, elle fait preuve d’une imagination extraordinaire et entreprend des recherches méticuleuses », réagit par courriel Anna Wintour, la directrice éditoriale monde de Vogue et directrice des contenus du groupe de presse Condé Nast, qui se souvient avoir entendu parler d’elle, dans les années 1990, comme d’un « génie qui travaillait avec John Galliano, chez Dior ».

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Source: Le Monde · Valentin Pérez

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