Le renseignement s'attend à voir entre 500 000 et 700 000 personnes dans les cortèges jeudi, sans compter Paris, avec la crainte de "nombreuses violences" et de "dégradations de bâtiments publics", selon une note consultée par franceinfo.

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Publié le 04/11/2026 12:40 Mis à jour le 04/11/2026 20:07

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Des CRS encadrent une manifestation à Paris, le 24 octobre 2026. (PATRICK COCKPIT / HANS LUCAS / AFP)
Des CRS encadrent une manifestation à Paris, le 24 octobre 2026. (PATRICK COCKPIT / HANS LUCAS / AFP)

Une forte mobilisation à prévoir. Entre 500 000 et 700 000 manifestants sont attendus dans les rues partout en France, sans compter la région parisienne, en réponse à l'appel à la mobilisation nationale du 5 novembre, estime une note de la Direction nationale du renseignement territorial consultée par franceinfo mercredi 4 novembre, révélée par RTL. "La journée est classée à risque, avance ce document, avec de nombreuses violences en direction des forces de l'ordre et des dégradations de bâtiments publics prévisibles".

Le renseignement territorial évoque une mobilisation aux "formes hybrides" qui devrait voir de "très nombreux établissements scolaires et universitaires bloqués" à partir de 7 heures du matin, dans la continuité du mouvement des lycéens et étudiants. Plusieurs centaines de cortèges et rassemblement syndicaux sont prévus dans tout le pays à partir de 10 heures. De nombreux salariés et fonctionnaires seront en grève toute la journée, avec des perturbations attendues dans plusieurs services publics. Une coordination des gilets jaunes appelle également à participer aux actions, et à maintenir la pression jusqu'à samedi, qui doit être la quatrième journée d'action en un mois contre la vie chère. "La journée devrait sceller la jonction entre plusieurs luttes et oppositions", analyse le renseignement territorial.

"La participation s'annonce aussi massive que le risque de troubles à l'ordre public est élevé", ajoute la note, évoquant la présence d'éventuels "groupes à risque" en provenance "des quartiers périphériques". Le renseignement territorial évoque une potentielle "présence simultanée, dans de nombreuses villes, d'émeutiers sans motivation idéologique et de membres de l'extrême gauche radicale et de l'ultra-gauche particulièrement organisés, aspirant à la déstabilisation de l'Etat et de toutes les formes d'autorité". Le renseignement territorial estime des "exactions ont été maîtrisées les samedis 24 et 31 octobre" en raison de "mesures prophylactiques [prises en amont] et sécuritaires exceptionnelles".

Quelque 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés jeudi, a annoncé le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, lors d'une conférence de presse mercredi soir. "C'est exactement le même" dispositif "que celui du 31 octobre", a-t-il souligné, promettant "une réponse d'une extrême fermeté" aux éventuels "exactions" et "débordements". Comme les semaines précédentes, Beauvau a fait appel à des unités d'élite, comme le Raid, le GIGN et la BRI, ainsi qu'aux "26 blindés Centaure" de la gendarmerie, à une "quinzaine d'engins lanceurs d'eau", des hélicoptères, des drones...

Le ministre a identifié trois risques sur les 220 actions annoncées : les "blacks blocs", les "cortèges sauvages" et "les pillages et dégradations de commerces ou de bâtiments publics". "La réponse, s'il devait y avoir des volontés, des velléités d'exaction, sera d'une extrême fermeté, d'une extrême fermeté", a-t-il martelé. "On ne tolérera pas de débordement, il y aura des interpellations", a-t-il prévenu. "Cette journée du 5 est un rendez-vous important pour les organisations syndicales. Elle doit se tenir dans le calme. Si cela ne devait pas être le cas, notre réponse sera extrêmement ferme", a-t-il insisté.

Lors de la première journée de mobilisation nationale le 17 octobre à l'appel des gilets jaunes, d'organisations syndicales et de mouvements d'étudiants et de lycéens, 60 000 forces de sécurité intérieure avaient été mobilisées. Après les violences et pillages qui avaient suivi certains rassemblements ce jour-là et le lendemain, la sous-estimation du mouvement en amont avait fait partie des explications avancées aux difficultés des forces de l'ordre, Emmanuel Macron pointant notamment les "défaillances" du renseignement intérieur.

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