Le tribunal a jugé ce mercredi que les passages incriminés du livre Je suis la femme du plateau (Stock, 2024) ne relevaient pas de la diffamation envers l’ex-chroniqueur football de Canal+.

La relaxe était attendue : ni Pierre Ménès, ni son avocat, absents, n’avaient plaidé devant la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris, le 7 septembre dernier. Ils avaient tenté, en vain, d’obtenir un renvoi du fait d’un rendez-vous médical. Le procès en diffamation que l’ex-chroniqueur football de Canal+ avait intenté à Marie Portolano s’était donc déroulé en la seule présence de la journaliste et de son conseil, Me Christophe Bigot, qui avaient eu le champ libre pour se défendre. Comme eux, le tribunal a jugé ce mercredi que les passages incriminés du livre Je suis la femme du plateau, paru en mars 2024 aux éditions Stock, ne relevaient pas de la diffamation. Le patron des éditions Stock, Manuel Carcassonne, a également été relaxé.

Dans l’un des deux passages attaqués, Marie Portolano dénonce les agissements de Pierre Ménès lors de leur temps commun chez Canal+, à la fin des années 2010. Tous deux travaillaient alors pour l’émission Canal Football Club. «On a dit de lui qu’il avait un “droit de cuissage”. En fait, il faisait ce qui lui plaisait, sans jamais être réprimandé. Outre l’humiliation, tous genres confondus, il se permettait de faire ce que bon lui semblait aux femmes qui l’entouraient. De toucher qui il voulait où il voulait, avec le consentement non des personnes concernées évidemment, mais de celles qui auraient tout à fait pu l’arrêter, ses supérieurs hiérarchiques par exemple, toujours témoins de ces agissements», écrit-elle notamment.

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Ces agressions, Marie Portolano les avait déjà abordées en mars 2021 dans son documentaire diffusé sur Canal+, Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste, qui traite du sexisme dans le milieu du journalisme sportif. Pierre Ménès avait quitté Canal+ après la révélation de séquences l’incriminant, notamment une où la journaliste le confronte pour une jupe soulevée en 2016 devant le public du CFC. Ces séquences avaient été coupées au montage du documentaire à la demande de la chaîne cryptée.

«Soit il touchait mes seins, soit il touchait mes fesses»

Dans son livre, Marie Portolano revient sur cette confrontation en affirmant, sans nommer expressément Pierre Ménès : «Il avoue qu’il l’a fait.» Une phrase que l’ex-chroniqueur avait également attaquée en diffamation. Pierre Ménès, 63 ans, a toujours gardé rancune à Marie Portolano pour le documentaire. Dans une vidéo postée sur sa chaîne YouTube il y a quelques années, il avait accusé la journaliste d’avoir «brisé [s]a carrière».

À l’audience du 7 septembre, Marie Portolano, 40 ans et aujourd’hui présentatrice de La Maison des Maternelles sur France 2, était longuement revenue sur les agressions qu’elle dit avoir subies chez Canal+, le silence de la direction au moment des faits, et l’ambiance «très masculiniste» qui régnait sur les plateaux, avant la vague MeToo. «J’ai adopté une stratégie de l’évitement, parce que quand j’étais à côté de lui, soit il touchait mes seins, soit il touchait mes fesses», avait-elle détaillé. Son avocat, Me Bigot, avait insisté sur les nombreux témoignages concordants d’employés ou ex-employés de Canal+ qui, selon lui, attestent que Pierre Ménès «considère les femmes qui l’entourent comme des choses».

Pierre Ménès sera justement jugé pour harcèlement et agressions sexuelles le 16 novembre, pour des faits qu’il aurait commis chez Canal+, notamment sur Marie Portolano. Selon Me Bigot, la procédure en diffamation commencée par l’ex-consultant star était une manœuvre pour renforcer sa défense en vue de ce deuxième procès. En avril 2023, Pierre Ménès avait été condamné à deux mois de prison avec sursis pour une agression sexuelle commise sur une vendeuse dans un magasin Nike en 2018. Il avait en revanche été relaxé pour des faits concernant une seconde vendeuse du même magasin, ainsi que pour des accusations d’attouchements au Parc des Princes en 2021, lors d’un match du PSG.

Source: Le Figaro · Adrien Bez

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