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Chronique

Gilles Paris

Editorialiste au « Monde »

Le président américain a fait de la contestation du résultat de l’élection de novembre 2020 un acte de foi. Dans le prolongement de cette logique, il est déterminé à peser sur le déroulement et le résultat des élections de mi-mandat du 3 novembre, explique Gilles Paris, éditorialiste au « Monde », dans sa chronique.

Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 3 min.

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Karl Marx sera de sortie le 3 novembre. Ce jour d’élections de mi-mandat permettra de vérifier la justesse de sa formule selon laquelle l’histoire se répète toujours deux fois, la première comme une tragédie et la seconde comme une farce. La tragédie fut l’assaut du 6 janvier 2021 contre le Capitole pour tenter d’empêcher le Congrès de confirmer la victoire de Joe Biden et la défaite de Donald Trump à l’élection présidentielle tenue deux mois plus tôt. Il fit chanceler la capitale fédérale et la république avec elle.

La farce serait que la nouvelle offensive intérieure du président républicain contre des midterms mal engagées se heurte à une vague démocrate. Cette dernière renverserait alors les obstacles dressés pour empêcher un vote sanction qui renvoie à une impopularité présidentielle historique, produite par un chapelet de décisions erratiques. Elle rendrait également impossible, après le scrutin, toute forme de guérilla judiciaire.

Sous la présidence de Donald Trump, qui gouverne principalement par décrets, les deux chambres du Congrès présidées par les républicains se sont atrophiées par servilité. La bascule de la Chambre des représentants et du Sénat dans le camp démocrate raviverait le pouvoir de contrôle du Congrès envers une administration sur laquelle pleuvent les accusations de corruption. Elle limiterait également drastiquement le pouvoir de nomination d’un président en fin de mandat et dans l’incapacité de se représenter.

La frappe juridique préventive sur l’Alaska partie d’un département de la justice privatisé par le locataire de la Maison Blanche, jeudi 22 octobre, a donné un avant-goût de la détermination de ce dernier à peser sur le résultat des élections de mi-mandat. Elle vise à interdire aux autorités de cet Etat de certifier le résultat de l’élection concernant un siège au Sénat qui pourrait s’avérer déterminant pour le contrôle de la Chambre haute. Le prétexte de cette offensive est la présence d’un candidat indépendant partageant le même patronyme que le sénateur républicain sortant.

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Source: Le Monde · Gilles Paris

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