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Chronique

Françoise Fressoz

Editorialiste au « Monde »

Le président de la République voit ses réformes détricotées les unes après les autres. Et souffre, à la fin de son mandat, du même syndrome que Valéry Giscard d’Estaing, observe dans sa chronique Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 08h15 Temps de Lecture 4 min.

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Au train où vont les choses, il ne restera plus grand-chose des réformes mises en œuvre pendant les deux quinquennats d’Emmanuel Macron. Le remplacement annoncé de Parcoursup d’ici à 2028, les nouveaux aménagements qui vont être apportés à la réforme du baccalauréat conçue par l’ancien ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, en 2019, s’ajoutent à la liste des réformes remises en cause au fur et à mesure de l’essor de la colère sociale et du délitement de la majorité : suspension de la réforme des retraites en 2026, remise en cause partielle de la politique de l’offre avec la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises depuis 2025…

Ce détricotage en règle s’opère sans que le camp présidentiel prenne la peine d’en prendre ombrage, en témoigne le dépit de Jean-Michel Blanquer devant « assumer seul dans le débat public des réformes » qui, à l’époque, répondaient à des « attentes ».

La très grande solitude dans laquelle se retrouvent aujourd’hui le président de la République et ceux ayant participé à ses premiers combats est à la hauteur de la déception qui a suivi l’espérance soulevée en 2017. A défaut de faire l’unanimité, le projet que portait Emmanuel Macron avait pour lui d’être cohérent : il s’agissait de délier le citoyen de ses chaînes, de le rendre responsable de son destin en luttant contre les rentes et les corporatismes, en fluidifiant le marché du travail, en développant l’apprentissage et la formation continue, en permettant à chacun de partir à la retraite quand bon lui semblerait.

La politique de l’offre devait, quant à elle, assurer un arrière-plan économique favorable aux réformes en favorisant la croissance et la prise de risque dans un cadre européen soumis à la libre concurrence. L’ambition initiale s’est peu à peu échouée dans la succession de crises qu’a connues le pays. Le virage à 180 degrés sur la réforme des retraites en a été le symbole le plus manifeste : lorsqu’il s’est avéré que la lutte contre les déficits ne pouvait s’accommoder de la liberté promise aux citoyens de choisir librement la date de leur départ en retraite, le rêve s’est brisé. Un nouveau mantra, beaucoup moins attrayant, s’est imposé : il fallait travailler plus.

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Source: Le Monde · Françoise Fressoz

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