Vue des Dolomites, une chaîne de montagnes faisant partie des Alpes, à Cortina d’Ampezzo le 20 février 2026. (Photo d’illustration) TIZIANA FABI / AFP

Dans les Dolomites, des randonneurs ont croisé des engins enfouis depuis la Première Guerre mondiale. Les démineurs en ont retiré plus de 250 lors d’une opération achevée le 16 octobre, rapporte ce mardi le Guardian.

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Bien que la Première Guerre mondiale ait pris fin il y a 108 ans, ses obus réapparaissent dans les Dolomites. Cet été, la fonte des glaciers de ce massif du nord de l’Italie a mis au jour des munitions conservées sous la glace depuis les combats livrés dans ces montagnes entre 1915 et 1918. Alertée par des randonneurs qui passaient par là, l’armée italienne a récupéré et neutralisé plus de 250 engins dans la région du Trentin-Haut-Adige, rapporte ce mardi 27 octobre le Guardian .

Les promeneurs avaient notamment signalé la présence de ces munitions près de Canal San Bovo, une commune de la vallée du Primiero, dans l’est du Trentin. Les démineurs de la brigade alpine Julia ont ensuite inspecté ce secteur et d’autres sites de haute altitude. Lors de la dernière semaine de leur opération, achevée le 16 octobre, ils ont neutralisé 55 engins à Canal San Bovo : 18 obus d’artillerie italiens de 75 millimètres et 37 projectiles de mortier de type Thévenot, fabriqués en France et également utilisés à l’époque par l’armée italienne.

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Le dégel s’en charge

Dans ces montagnes aujourd’hui parcourues par les randonneurs, l’Italie et l’Empire austro-hongrois se sont affrontés pendant trois ans. Entrée dans la Première Guerre mondiale en mai 1915, l’armée italienne combat alors son adversaire le long de leur frontière alpine. Dans les Dolomites, les soldats se disputent les sommets, dans la neige et le froid : ces combats prendront le nom de «guerre blanche».

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Aux tirs de l’adversaire s’ajoutent les dangers de la montagne : les avalanches, les chutes et l’hypothermie causent elles aussi de nombreuses morts. Lorsque les combats cessent, en novembre 1918, des armes, des équipements et des effets personnels restent sur place. Une partie d’entre eux disparaît sous la glace, qui les conserve pendant des décennies. Parmi ces vestiges, les obus n’ont rien de souvenirs à rapporter de promenade : certains n’ont jamais explosé et risquent toujours de détonner si on les manipule.

Leur retour à la surface accompagne désormais le recul des glaciers. «Certains avaient déjà explosé, mais beaucoup non», explique au Guardian Stefano Morosini, professeur à l’université de Bergame et coordinateur de projets patrimoniaux au parc national du Stelvio, où des explosifs ont également été retrouvés. Selon lui, ces objets dangereux réapparaissent à la fin de chaque été, en nombre croissant sous l’effet du réchauffement climatique. De quoi remplir les vitrines d’un musée consacré à la «guerre blanche», dont l’ouverture est prévue à Bormio, dans le nord de l’Italie, en juin 2027.

Source: Le Figaro · Marion Prost

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