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La troisième vague de l’enquête de L’Observatoire Société & Consommation et de la Fondation Jean Jaurès fait apparaître que 55 % des Français cherchent désormais à se protéger de l’information, en s’impliquant moins dans sa recherche et sa consultation. Ce qui n’est pas sans risque pour le débat démocratique.
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Décrit pour la première fois en 2022, le mal n’a pas disparu : la fatigue informationnelle continue d’accabler les Français. Il continue même de s’aggraver, tend à démontrer la troisième enquête menée par L’Observatoire Société & Consommation (ObSoCo), la Fondation Jean Jaurès, la chaîne Arte et le kiosque de presse numérique Cafeyn, parue vendredi 23 octobre. Ce sont désormais 55 % des Français qui se disent fatigués par l’information (contre 53 % en 2022, et 54 % en 2024), dont 39 % de « très fatigués ». Mais alors qu’en 2024, ils semblaient avoir décidé de se soigner en choisissant l’exode, ils sont désormais en train de faire « sécession ».
Sondées en ligne entre le 29 avril et le 13 mai, en effet, les trois quarts des 4 000 « personnes représentatives des 18-75 ans en France métropolitaine » consultées (74 %) « limitent ou interrompent leur suivi de l’actualité » afin de « préserver [leur] attention et [leur] équilibre ». Par exemple, ils consultent moins de canaux différents d’information (7,2 en moyenne, contre 8,3 en 2022).
« En 2022, 75 % des Français disaient discuter de l’actualité avec leur entourage ; ils ne sont plus que 67 % quatre ans plus tard, souligne David Medioni, journaliste et codirecteur de l’Observatoire des médias de la Fondation Jean Jaurès, dans un texte qui accompagne l’étude. Le partage d’informations par les réseaux sociaux, les messageries ou les courriels est passé de 40 % à 27 %. Même le besoin déclaré de croiser plusieurs sources pour se faire une opinion recule, de 72 % à 59 %. » On coupe les notifications. On limite son temps d’écran. On choisit sa bulle, devenue cocon. On s’en remet progressivement à l’intelligence artificielle (14 % y ont recours quotidiennement).
« Le travail informationnel épuise »
Les réponses font apparaître une forme d’accablement : 54 % des interrogés manifestent un sentiment de « trop-plein », qui les « empêche de prendre du recul » ; 53 % « peinent à distinguer le vrai du faux » ; 55 % se disent « découragés ». Pour eux, s’informer revient à se désespérer (81 %), se sentir impuissant (80 %), ou encore subir l’information plutôt que de la choisir (68 %), analysent Diane Blanchard, Sébastien Boulonne, Guénaëlle Gault, Simon Ginolin, chefs de projets à l’ObSoCo, et David Medioni.
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Source: Le Monde · Aude Dassonville
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