Après Hong Kong, c'est désormais à Macao, l'autre région administrative spéciale de la Chine, que sont jugés les militants pro-démocratie. Pour la première depuis sa promulgation, un tribunal de l'ancienne colonie portugaise a condamné une figure majeure de l'opposition, en vertu de la loi sur la sécurité nationale. À 69 ans, l'ex-député Au Kam San a été reconnu coupable de subversion et condamné, vendredi 6 novembre, à 12 ans et demi de prison. Son avocat dénonce une « parodie de justice ».

Publié le : 06/11/2026 - 18:35

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Au Kam San avait été arrêté en juillet 2025. Après avoir siégé pendant près de 30 ans au Parlement de Macao, il restait l'une des voix du camp pro-démocratie. La région administrative jouissait d'une certaine liberté : Au Kam San était connu notamment pour avoir été l'un principaux organisateurs des veillées commémoratives du massacre de Tiananmen, survenu dans la nuit du 3 au 4 juin 1989 à Pékin.

Parmi les charges retenues contre lui, Au Kam San fait face à celle de « subversion ». Il a été jugé en vertu de la loi sur la sécurité nationale. Son avocat, Me Michael Polak, a été écarté du procès, qui s'est tenu à huis clos. Celui-ci s'insurge au micro de Mélissa Barra pour RFI :

« Nous n'avons eu aucun accès aux éléments de la procédure. Les autorités n'ont même pas précisé l'objet de l'affaire ni la nature des preuves. Nous ne pouvons que faire des suppositions. Lors de l'interpellation, elles ont saisi des livres pro-démocratie et ouvrages sur le massacre de la place Tiananmen. De plus, il ne tenait pas de propos séparatistes. À mon sens, elles n'ont aucun élément à charge contre lui. C'était une parodie de procès. »

Promulguée en 2009 et durcie en 2023, la loi sur la sécurité nationale a réduit drastiquement les libertés politiques à Macao. C'est ce que dénonce Yalkun Uluyol, de l'ONG Human Rights Watch : « Macao a été une colonie portugaise jusqu'en 1999. Depuis la rétrocession à la Chine, le gouvernement réprime les voix critiques en arrêtant des personnalités de l'opposition et des journalistes. Mais là, dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale, on assiste à un cas sans précédent. »

Les représentants de Au Kam San – qui a la nationalité portugaise – gardent espoir que Lisbonne parvienne à négocier son expulsion vers l'Europe.

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Source: RFI

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