Les 115 marins engagés sur la Route du Rhum se sont lancés dimanche 1er novembre, au large de Saint-Malo dans des conditions météo clémentes, à l'assaut de l'Atlantique pour une traversée en solitaire que les plus rapides pourraient effectuer en un temps record.
Publié le : 01/11/2026 - 17:10Modifié le : 01/11/2026 - 17:30
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Au coup de canon à 13h02, tous les voiliers ont commencé à longer la côte bretonne en direction d'une porte de passage obligatoire située 16 milles (30 kilomètres) plus loin à proximité du Cap Fréhel, où une foule dense était réunie pour les voir partir au large.
Après deux heures de course, l'Ultim de Tom Laperche (SVR-Lazartigue) emmenait la flotte au sortir de la Baie de Saint-Brieuc, talonné par le Maxi Banque Populaire XI d'Armel Le Cléac'h et le trimaran Actual d'Anthony Marchand. « Ça y est, c'est parti pour la Route du Rhum ! Pas mal de manoeuvres pour aller à Fréhel. Le vent est un peu retombé mais ça va forcir dans pas longtemps, direction la sortie de la Manche », a déclaré Le Cléac'h dans une vidéo envoyée du bord.
À la barre d'un tout nouveau maxi-trimaran annoncé comme révolutionnaire, le tenant du titre Charles Caudrelier naviguait très prudemment, inséré à l'arrière des Ocean Fifty, des multicoques de dimensions plus petites. Dans un vent plus léger que prévu avoisinant les 10 noeuds, la vigilance était de mise au sein d'une flotte compacte, pour éviter les collisions et réussir tous ses changements de voile.
Malgré ce petit temps, trois bateaux ont déjà écopé d'une sanction. En Vintage Multi, Trilogik, skippé par David Ducosson, a reçu une pénalité de 5 heures pour non-respect de sa zone de départ. Christophe Rateau (Gustave Roussy) et Marco Guerra (Imagin'Act-Socomec) ont franchi la ligne trop tôt et reçu une pénalité similaire. Ces conditions tranchent nettement avec l'image de cette course qui se déroule tous les quatre ans depuis 1978. En plein automne, elle réserve souvent une météo musclée, voire épouvantable, à la flotte lors de ses premiers jours.
« Il est temps d'y aller »
Cette année, la météo s'annonce très bonne pour le début de la traversée avec un quasi-tout droit en direction du rocher du Fastnet, puis un seul bord à effectuer jusqu'au nord des Açores. Les conditions vont se renforcer dans les prochaines heures, permettant aux bateaux de voler à pleine vitesse vers la pointe sud-ouest de l'Angleterre, qu'ils devraient atteindre en soirée.
« Ces deux semaines de village ont été géniales. J'aime vraiment ces phases de partage avant les départs de course. Maintenant, c'est bon, il est temps d'y aller et de retrouver notre bulle de solitaire », a lancé Anthony Marchand dimanche matin avant d'embarquer.
Depuis le 20 octobre, plus d'un million de personnes ont visité le village de la course, selon les chiffres de l'organisation. La flotte, mélange de professionnels et d'amateurs, est composée de six catégories de bateaux : des petits monocoques ayant participé à la première édition, aux multicoques volants de dernière génération.
Ce sont ces derniers, les Ultim, des trimarans géants atteignant plus de 90 km/h sur l'eau, qui s'échappaient les premiers vers l'avant de la flotte ce dimanche. Ces bateaux peuvent espérer effectuer la traversée en six jours, quand les voiliers les plus lents mettront près d'un mois pour arriver à Pointe-à-Pitre. Derrière les Ultim, 22 voiliers de la flotte d'Imoca, les monocoques (18 mètres) du Vendée Globe, affichent de belles ambitions et veulent se tester à deux ans d'un nouveau tour du monde sans escale en solitaire.
Dimanche dans l'après-midi, le favori de la course Sam Goodchild (Macif), à la barre du bateau vainqueur du Vendée Globe 2024-2025, a pris les commandes après Fréhel. Juste derrière, l'Italien Ambrogio Beccaria (Allagrande Mapei) et Corentin Horeau (MACSF) étaient à ses trousses. Pour les Imoca, la traversée pourrait se faire en 10 jours.
Source: RFI · RFI avec AFP
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