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Le profil de Kevin T., l’auteur de l’attentat raciste de Trappes (Yvelines), relève de « l’ultradroite radicale violente », a confirmé le parquet, mardi 3 novembre. Un phénomène en croissance : 23 procédures liées à l’ultradroite ont été recensées depuis 2019.

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Un mot dans l’air. L’attentat de Trappes et de La Verrière (Yvelines), vendredi 23 octobre, dont le bilan s’élève à un mort et quatre blessés graves, a fait resurgir, de manière très concrète, la menace de l’ultradroite en France. Le suspect de l’attaque, Kevin T. a reconnu le mobile raciste de son acte et avoir « spécifiquement ciblé » des personnes de « type musulman », « africain » ou « nord-africain ». Du matériel militant, confectionné par ses soins, revendiquant sa proximité idéologique avec le Rassemblement national (RN), a été retrouvé à son domicile.

Le choix de Trappes aurait été motivé par sa conviction que la commune constituait un « repaire d’islamistes ». Des propos qui rappellent ceux qu’avait tenus, en 2021, Jordan Bardella, président du RN, qui avait alors qualifié la ville francilienne de « République islamiste en miniature, capitale européenne du djihad ». La pensée de Kevin T. s’inscrit donc clairement à l’extrême droite, et son profil relève de « l’ultradroite radicale violente », a confirmé Olivier Christen, le procureur de la République antiterroriste, mardi 3 novembre, sur RTL. Reste à savoir ce que désigne exactement ce terme.

« L’expression ne se cantonne pas au terrorisme, mais concerne également des groupes ou des individus. C’est avant tout une catégorie policière, note l’historien Nicolas Lebourg, spécialiste de l’extrême droite et des radicalités. En 1994, la direction centrale des renseignements généraux [DCRG] construit cette catégorie pour clarifier son secteur d’intervention. Elle distingue formellement l’extrême droite de l’ultradroite : la première inclut les partis politiques et formations électorales – sur lesquels ils n’ont pas le droit d’enquêter en vertu de la liberté constitutionnelle des partis –, tandis que l’ultradroite désigne le segment violent ou potentiellement violent de l’extrême droite – sur lequel la DCRG poursuivrait donc son travail de surveillance. »

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Source: Le Monde · Abel Mestre

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