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Doit-on concentrer les investissements sur les technologies de rupture, comme l’IA ou les biotechnologies, et délaisser la « vieille » industrie ? La position défendue par le « Prix Nobel d’économie » Jean Tirole fait réagir, et rappelle le débat sur « l’industrie sans usines » d’il y a vingt-cinq ans, qui a accentué la désindustrialisation de la France.
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C’est une petite phrase qui n’est pas passée inaperçue. « On ne va pas rouvrir des usines, c’est un mythe ! », a lancé Jean Tirole, « Prix Nobel d’économie » 2014, le 10 septembre, sur BFM-TV. Pour l’économiste, jugeant que vouloir rebâtir un tissu industriel traditionnel était une entreprise vouée à l’échec dans la guerre économique mondiale dominée par les deux superpuissances que sont la Chine et les Etats-Unis, la France doit cesser de « se focaliser sur la réindustrialisation ». Il regrette que, comme l’Europe, elle « continue à investir dans l’industrie d’hier » quand, selon lui, il faudrait mettre tous les efforts dans les technologies de rupture, comme l’intelligence artificielle ou les biotechnologies, afin de rivaliser avec les nouveaux empires américain et chinois.
La sortie de l’économiste intervient alors que la relance industrielle menée en France depuis la crise du Covid-19 en 2020, qui a mis en lumière la question cruciale des dépendances et de la souveraineté, peine à se concrétiser. Si certaines industries bénéficient du contexte international pour se développer – comme la défense ou l’énergie décarbonée –, de nombreux secteurs manufacturiers traditionnels (sidérurgie, automobile, plasturgie, verrerie) sont en crise et réclament subventions publiques et mesures de protection pour résister à la baisse de la demande en Europe ainsi qu’à la concurrence du « choc chinois ». Symbole des difficultés françaises, la part de l’industrie dans le produit intérieur brut (PIB) national n’a pas progressé en six ans, et stagne à 10 %, contre 18 % en Allemagne et 16 % en Italie.
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Source: Le Monde · Bastien Bonnefous
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