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Par Jessica Gourdon
Publié aujourd’hui à 09h00Article réservé aux abonnés
ReportagePlomberie, électricité, charpente… Les formations techniques enregistrent un afflux de candidatures outre-Atlantique à l’heure où l’intelligence artificielle déferle sur marché du travail. Les élèves envisagent ces métiers comme une garantie d’insertion professionnelle, tandis que le nombre d’inscrits dans les cursus généralistes à l’université tend à diminuer.
Casque sur la tête et gilet de chantier sur le dos, Victor Velasco, 26 ans, s’empare d’une pince coupe-tube et sectionne un large tuyau en plastique gris. Il passe ensuite l’outil à son voisin. Dans la cour du Los Angeles Trade-Technical College (LATTC), un établissement de la métropole californienne spécialisé dans les formations techniques, les élèves de la section plomberie sont en pleins travaux pratiques. « C’est physique, il faut être solide », reconnaît le professeur, devant un groupe de jeunes qui creusent un trou pour y enfouir des tuyaux, en plein soleil.
Victor Velasco est ici car il cherchait une « carrière sécurisée ». « J’ai un ami qui est allé à l’université, il a un bachelor en sciences humaines. Mais il ne trouve aucun poste ! Résultat, il travaille dans un Chipotle. Ici, j’apprends un métier, il y a de la demande, on peut bien gagner sa vie. Et l’IA [intelligence artificielle] ne va pas aller sous les maisons pour installer des tuyaux ! », décrit le jeune homme, dont le père et la mère travaillent comme cuisiniers. Pourquoi la plomberie ? « J’aime l’aspect manuel, et c’est de la résolution de problèmes : il y a un côté ludique, comme construire des Lego », poursuit celui qui veut, plus tard, « créer [s]on entreprise ».
A quelques mètres, dans l’atelier des charpentiers, Brandon (il n’a pas souhaité donner son nom), 26 ans, construit une cabane en bois. Lui avait commencé des études à l’université, dans le domaine de la géologie. « J’ai arrêté, notamment parce que cela me paraissait trop incertain en matière de débouchés. La charpente, c’est concret. Je veux travailler avec mes mains, et j’aimerais construire ma propre maison. »
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Source: Le Monde · Jessica Gourdon
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