Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.

Se connecter

Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

Tribune

Yasmin Curzi de Mendonça

Maîtresse de conférences en droit international

Camille Grenier

Directeur exécutif du Forum sur l’information et la démocratie

Ces violences numériques spécifiques, en visant les femmes et les minorités de genre de façon disproportionnée, limitent l’accès de celles-ci au débat public, observent la chercheuse brésilienne Yasmin Curzi de Mendonça et le directeur exécutif du Forum sur l’information et la démocratie, Camille Grenier, dans une tribune au « Monde ».

Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 4 min.

Article réservé aux abonnés

Depuis plusieurs mois, les révélations sur les manipulations informationnelles orchestrées par des puissances étrangères rythment le début de la campagne présidentielle française. En grande partie mises au jour par le département Viginum du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale, ces menaces sont prises au sérieux, alors que la France reste, après l’Ukraine, le deuxième pays le plus touché par les ingérences étrangères. Cependant, cette ombre qui plane sur l’intégrité du processus électoral français semble en avoir éclipsé une autre, tout aussi présente : les violences genrées facilitées par la technologie, également connues sous leur sigle anglophone : TFGBV, pour « Technology-facilitated gender-based violence ».

Définies par ONU Femmes comme « tout acte commis, facilité, aggravé ou amplifié par l’utilisation des technologies de l’information et de la communication ou d’autres outils numériques, qui entraîne ou est susceptible d’entraîner un préjudice physique, sexuel, psychologique, social, politique ou économique, ou d’autres atteintes aux droits et libertés », les TFGBV sont caractérisées par le harcèlement, les menaces, le partage d’images intimes sans consentement, le doxing [la divulgation de données privées] et la production d’images sexualisées générées par intelligence artificielle (IA). Ces formes de violence numérique visent de manière disproportionnée les femmes et les minorités de genre, et ont une incidence directe sur le processus électoral, en limitant ou en rendant plus difficile l’accès de certains segments de la population au débat public.

Au Brésil, l’élection présidentielle qui se conclura dimanche 25 octobre a été marquée par l’impact des TFGBV sur la participation politique. Dans un pays où une femme sur dix âgée de 16 ans et plus déclare avoir été victime de violences numériques au cours des douze derniers mois (près de 9 millions de femmes), les élections constituent des périodes particulièrement délicates. Une étude de 2024 démontrait déjà que les femmes avaient reçu 68,2 % des commentaires offensants lors des débats électoraux, alors qu’elles ne représentaient que 15 % des candidates.

Il vous reste 67.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source: Le Monde · Yasmin Curzi de Mendonça, Camille Grenier

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira