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Pour son nouvel ouvrage, le sociologue Pierre Brasseur a enquêté sur la plateforme qui prétend être au service des créatrices de contenus sexuellement explicites. Mais en permettant à chacun de monnayer des images, elle reproduit des schémas d’exploitation.

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« OnlyFans, le capitalisme du désir », de Pierre Brasseur (Textuel, 160 pages, 18,90 euros).

Livre. Lancée en 2016 à Londres, la plateforme OnlyFans ne produit aucun contenu et propose à des créateurs – qui sont majoritairement des créatrices – de monnayer l’accès aux images plus ou moins sexuellement explicites qu’elles produisent contre un abonnement mensuel dont le tarif est fixe. OnlyFans, entremetteur numérique, se contente de prélever 20 % des recettes perçues.

Le site prétend apporter une forme de progrès : une amélioration des conditions du travail du sexe, permettant aux créatrices d’accéder au statut d’entrepreneur. En vérité, ce site ne permet pas d’échapper à la précarité économique et à la brutalité, explique le sociologue Pierre Brasseur dans OnlyFans, le capitalisme du désir (Textuel, 160 pages, 18,90 euros).

Cette réalité est bien mise en scène dans la troisième saison de la série Euphoria, diffusée par HBO au printemps. Le personnage de Cassie tente sa chance sur la plateforme, sans vouloir exposer de contenus explicites. Cependant, la mise en concurrence avec des millions d’utilisatrices lui impose rapidement de proposer des images toujours plus sexualisées. Une escalade qui correspond parfaitement à ce que vivent les créatrices sur la plateforme, lointaine héritière du Minitel rose.

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Source: Le Monde · Anne-Toscane Viudes

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