Cet article vous est offert

Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.

Se connecter

Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement

Analyse

Nicole Vulser

Malgré un taux de remplissage particulièrement enviable, signe que le public est toujours au rendez-vous, plus d’un tiers de ces manifestations s’attendent à terminer l’année 2026 en déficit.

Publié aujourd’hui à 14h30 Temps de Lecture 3 min.

Article réservé aux abonnés

Pas de répit. La saison 2026 des festivals de musique s’achève à peine que, déjà, la programmation des manifestations de l’été 2027 est dévoilée. La star belge Angèle défendra son nouvel album sur une dizaine de scènes, dont We Love Green, dans le bois de Vincennes, à Paris, Le Cabaret Vert, à Charleville-Mézières, ou Garorock, à Marmande (Lot-et-Garonne). Les rappeurs Orelsan et Tiakola, quant à eux, sont annoncés au V and B Fest’, en Mayenne… L’effervescence des festivals musicaux – entre les musiques actuelles et les variétés, pas moins de 2 500 manifestations sont recensées – demeure une spécificité franco-française.

C’est l’un des redoutables paradoxes de ces manifestations : en 2026, malgré un taux de remplissage des plus enviables (77 % de la jauge en moyenne, un tiers des organisateurs déclarant même des taux supérieurs ou égaux à 90 %), 35 % des 1 035 festivals qui ont répondu au bilan anticipé du Centre national de la musique (CNM), paru à la mi-octobre, s’attendent à terminer l’année en déficit. C’est donc le signe que le public est au rendez-vous, fidèle, mais que le schéma économique s’apparente à une roulette russe. Bien peu s’en sortent, et ces résultats financiers risquent de se révéler nettement plus désastreux lorsque tous les festivals auront été analysés. Dans le bilan officiel publié en juillet 2025 sur l’année 2024, le CNM observait déjà que « deux sur trois avaient terminé l’année dans le rouge ».

D’où viennent leurs tourments ? La hausse des cachets des artistes, d’abord, s’explique par une concurrence sévère qui s’exerce à un triple niveau : entre les festivals eux-mêmes, mais aussi avec des rivaux qui jouissent de moyens financiers considérables, comme Live Nation ou AEG, lesquels financent leurs propres festivals et leurs gigantesques salles de concerts. A cela s’ajoute la compétition exacerbée avec les très grands festivals européens, dont les jauges sont bien plus élevées qu’en France. Sans surprise, les artistes choisissent les offres les plus alléchantes financièrement. Et les prix explosent. A l’instar de Jérôme Tréhorel, le directeur général des Vieilles Charrues, à Carhaix (Finistère), les organisateurs de festivals déplorent un triplement des budgets artistiques en quinze ans. La plupart de ses confrères constatent une augmentation d’au moins 30 % à 40 % de ces cachets en quatre ans.

Il vous reste 60.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source: Le Monde · Nicole Vulser

At a glance

Topic
World
Country
🇫🇷 FR
Publisher language
FR
Added to Allnira