Le ministre de l’Économie et des Finances n’exclut pas le recours par le gouvernement au 49-3 ou aux ordonnances en cas d’échec du débat parlementaire sur le budget.
Passer la publicité Passer la publicitéUne façon de rassurer tout en mettant en garde l’opposition politique. Interrogé ce vendredi 30 octobre sur le plateau de franceinfo, Roland Lescure a posé un constat sans ambages. «En 2026, l’économie française est à l’arrêt», a affirmé le ministre de l’Économie et des Finances, quelques instants après que l’Insee a publié ses chiffres faisant état d’un recul de 0,1 % du produit intérieur brut (PIB) français au troisième trimestre.
«Ça fait trois trimestres que la croissance n’est pas au rendez-vous», a-t-il insisté, alors que la production nationale avait stagné au deuxième trimestre et reculé de 0,2 % au premier. «La France ne va pas à la crise», mais «aujourd’hui, si on n’a pas le redressement budgétaire qu’on a mis dans le budget, on ira dans le mur», a-t-il prévenu.
49-3 et ordonnances en dernier recours
Alors que les taux d’emprunt de la France sur les marchés financiers avaient déjà franchi la semaine dernière le seuil des 5%, du jamais depuis 2002, ces chiffres renforcent un peu plus le risque d’une crise financière. Dans ce contexte, la priorité est de «redonner confiance» aux investisseurs, assure Roland Lescure, et cela passe d’abord et avant tout par un «budget rigoureux». Il en «appelle à la responsabilité» de tous les leaders politiques, mais aussi des partenaires sociaux et des responsables syndicaux.
«On divise sur tout», a-t-il déploré, or «à l’aube d’une élection présidentielle, on devrait être capables de se rassembler sur l’essentiel». En effet, à six mois de la principale échéance électorale du pays, les risques s’accumulent pour l’Hexagone, tant sur le plan intérieur, avec une colère sociale au plus haut, un déficit chronique des dépenses publiques et une croissance atone, que sur la scène internationale, du détroit d’Ormuz à l’Ukraine. «Soit on s’en sort ensemble, soit on rentre dans ce choc réel divisé, et ça va empirer les choses», a alerté le ministre, qui n’exclut pas l’usage du 49-3 ou des ordonnances pour donner le pays d’une copie budgétaire dans le cas où le débat parlementaire n’y parvenait pas.
Source: Le Figaro · Jean Kedroff
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