Un orfèvre de Buenos Aires a mis près d'un an à confectionner cet objet participatif auquel ont selon lui contribué un million d'Argentins

France Télévisions - Rédaction Culture

Publié le 29/10/2026 14:28

Temps de lecture : 2min

L’orfèvre argentin Juan Carlos Pallarols expose une patène et un calice fabriqués dans son atelier à Buenos Aires ,le 20 octobre 2026, avant leur présentation au pape Léon XIV lors de sa visite en Argentine. (LUIS ROBAYO / AFP)
L’orfèvre argentin Juan Carlos Pallarols expose une patène et un calice fabriqués dans son atelier à Buenos Aires ,le 20 octobre 2026, avant leur présentation au pape Léon XIV lors de sa visite en Argentine. (LUIS ROBAYO / AFP)

Le pape Léon XIV, lors de sa visite apostolique en Argentine programmée du 8 au 11 novembre, recevra en cadeau un calice préparé depuis des mois par un célèbre orfèvre argentin, Juan Carlos Pallarols, incorporant outre de l'argent, de l'or et du bronze, du métal tiré d'armement de la guerre des Malouines.

Cet artisan de 83 ans, descend d'une famille catalane d'orfèvres vieille de plus de 300 ans, installée en Argentine depuis 1910, a-t-il confié à l'AFP. Et qui depuis le XIXe siècle "a confectionné un calice pour chaque pape depuis 150 ans, depuis Pie IX".

Dans son bruyant atelier à l'âcre odeur de métal, un capharnaüm de marteaux, pinces, burins au centre de Buenos Aires, il apporte les dernières touches au calice sur lequel il travaille depuis près d'un an pour le pape Leon.Lui, assure-t-il, et "un million" d'Argentins. Car Pallarols, avec l'idée d'une œuvre participative, a parcouru le pays avec son calice pour que les gens y apportent une petite touche, un mini-coup de burin symbolique. Un compteur en tient le compte.

La partie extérieure du calice, à la silhouette élancée, est en argent, avec une base baignée d'or, et la structure intérieure en bronze. C'est là qu'ont été fondus, symboliquement, des fragments de matériel militaire de la guerre des Malouines. Le 2 avril 1982, la junte militaire du Général Viola avait pris possession des îles Malouines, les Falklands pour les Anglais, en parlant de "la récupération d'une terre revendiquée par les Argentins". Une guerre meurtrière avait alors éclaté entre les deux pays, coûtant la vie à 649 soldats argentins entre avril et juin 1982 et à 255 Britanniques. Ce bref conflit a laissé en Argentine, une durable et amère empreinte traumatique, se prolongeant également dans le domaine du football.

"Nombre de vétérans ont donné un petit bracelet, une bague, et cela a été fondu" pour la partie en argent. "Les douilles de balles, on les a utilisées pour la structure intérieure", explique Juan Carlos Pallarols, séduit par l'idée de recycler un matériau de violence pour lui donner un destin de paix et de spiritualité religieuse.

Renommé bien au-delà de l'Argentine, Pallarols a façonné pour des royautés européennes, des stars hollywoodiennes ou encore le footballeur Lionel Messi. En 2023, le tout nouveau et excentrique président Javier Milei lui demanda d'orner le traditionnel sceptre présidentiel de l'effigie de ses chiens. L'orfèvre refusa et commande fut passée à un concurrent.

Pour perpétuer la tradition familiale "un pape, un calice", Juan Carlos Pallarols espère remettre son œuvre en mains propres à Léon XIV lors de sa visite début novembre. Si ce n'est pas possible, il entend bien se rendre au Vatican.

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Source: Franceinfo · franceinfo Culture avec AFP

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