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Analyse

Noé Hochet-Bodin

Journaliste au Monde Afrique

Profitant de l’arrêt de l’aide publique au développement, décidé par Donald Trump, et des vides laissés par l’Europe en matière de défense des droits humains, les organisations politico-religieuses états-uniennes imposent leur pensée réactionnaire dans le continent africain.

Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 3 min.

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Lors de la 4ᵉ Conférence interparlementaire africaine sur la famille, la souveraineté et les valeurs, au Parlement ghanéen, à Accra, le 3 juin 2026.

Les coupes budgétaires brutales de l’Agence américaine pour le développement international (Usaid) par le président des Etats-Unis, Donald Trump, dès son retour à la Maison Blanche en 2025, ont eu des conséquences dévastatrices sur l’aide alimentaire, la distribution de vaccins ou encore la fin de programmes de prévention contre le VIH en Afrique. Mais d’autres initiatives moins connues, moins visibles mais tout aussi importantes, ont pâti de la suspension de l’assistance américaine : la défense des minorités LGBT+, les programmes d’éducation à la santé sexuelle et reproductive, ou encore la distribution de contraceptifs. Des projets passés à la trappe, au grand bonheur de la droite religieuse américaine, bien décidée à exporter son idéologie conservatrice par-delà les frontières des Etats-Unis.

Chargé de détricoter l’aide au développement, le milliardaire Elon Musk avait donné le ton, début 2025, de cette guerre culturelle à venir : « L’Usaid était un nid de vipères rempli de marxistes d’extrême gauche qui haïssent l’Amérique. » Donald Trump ne dit pas autre chose dans la stratégie de sécurité nationale, publiée en décembre 2025. L’un des rares passages évoquant le continent africain souligne que « depuis bien trop longtemps, la politique américaine en Afrique s’est concentrée sur la fourniture, puis sur la diffusion, de l’idéologie libérale ». Flanqué de ses alliés évangéliques, le président américain s’attelle, au contraire, à y faire déferler une vague réactionnaire.

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Source: Le Monde · Noé Hochet-Bodin

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