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Deux mille tonnes de déchets sont déversés chaque jour dans la décharge de Nairobi, capitale du Kenya. Une armée de petites mains se précipite alors pour récupérer les matières recyclables. Ces héros invisibles de l’environnement ont beau se sacrifier à la tâche, seuls 7 % du plastique peuvent être traités.
Sparadrap, désinfectant, fil et aiguilles... À Nairobi, Kevin remplit sa trousse de secours et enfourche son vélo. Pour rejoindre ses patients, l'infirmier s'enfonce dans une montagne de déchets : Dandora, la décharge de la capitale kényane. Au milieu des ordures : des vaches, des chèvres, de grands oiseaux et des centaines de petites mains. Ce sont les écorchés du recyclage.
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À longueur de journée, ils fouillent ces déchets pour récupérer bouteilles en plastique et autres récipients recyclables avant de les revendre à des entreprises chargées de leur traitement. Mais derrière l'image verte qui plaît tant aux investisseurs se cache une réalité tragique. Ces petites mains se blessent constamment : verre, seringues, métal rouillé... Elles respirent également des fumées toxiques, émanations d'un incendie permanent.
Moins d'un euro par jour
Les ramasseurs gagnent souvent moins d’un euro par jour, n’ont pas d’assurance et effectuent pourtant un travail essentiel à la survie de la capitale kényane. Ici, beaucoup meurent avant leurs quarante ans, explique Kevin, infirmier unique. Une fois son diplôme en poche, il a travaillé dans un hôpital et s’apprêtait à partir vivre au Royaume-Uni. Mais l’épidémie de Covid l’en a empêché. Bloqué à Nairobi, il a alors découvert la réalité des ramasseurs de déchets. Il a alors abandonné son poste pour les aider. Depuis 2020, il défend ceux qu’il appelle les "héros de l’environnement" et milite pour qu’ils soient plus soutenus par les autorités.
Son combat, c’est aussi celui de la planète. Tous les plastiques que récupèrent les ramasseurs ne sont pas traitables : manque d’équipement, intérêt financier moindre, matières de mauvaise qualité… Seuls 7 % des plastiques sont recyclés. Kevin milite pour un meilleur traitement des petites mains du recyclage, mais lance aussi un cri d’alerte : il faut arrêter d’utiliser les plastiques à usage unique. La décharge déborde un peu plus chaque jour, comme de nombreuses autres autour du monde. Chaque année, 460 millions de tonnes de plastique sont produites… La planète ne peut continuer sur cette lancée.
Source: France 24 · Bastien RENOUIL, Élodie COUSIN
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