À la faveur des événements tragiques du 17 octobre, les accusations d’antisémitisme portées par le journal Mediapart contre le président du parti Rassemblement national (RN) sont brusquement passées au second plan. Jordan Bardella semble peu à peu reprendre sa place dans la campagne de l'extrême droite.

Il n’y a pas si longtemps, chez les observateurs mais aussi en interne, beaucoup se demandaient comment Jordan Bardella allait pouvoir tenir, si le congrès du parti - tenu samedi 24 et dimanche 25 octobre à Orléans - allait se dérouler comme prévu. Pourtant force est de constater qu’il finira ce week-end reconduit président du parti après le congrès d’Orléans, et qu’il reste toujours le futur « Premier ministre » de Marine Le Pen.

L’affaire Mediapart reléguée au second plan

« Plus personne n’en parle », se réjouit un élu RN, en pensant aux révélations de Mediapart imputant au député européen des propos antisémites tenus en 2013. Ce dernier ne cache d’ailleurs pas en avoir un peu assez, ces derniers temps, d’avoir à répondre systématiquement à des questions portant sur le chef du parti.

Il est vrai que, depuis une semaine maintenant, l’intérêt médiatique pour l’affaire Bardella a nettement diminué, les émeutes du 17 octobre occupant une large partie du temps d’antenne. Et le RN, notamment Jordan Bardella, a été très actif sur ce sujet. Non seulement il fallait montrer qu’avec ou sans affaire, la campagne se déroulait normalement, mais bien évidemment occuper le terrain de la sécurité et de l’ordre, au cœur du projet RN.

Jordan Bardella s’est démultiplié : un déplacement le lendemain des violences, une conférence de presse le lundi et un passage télé le jeudi. Jamais, au cours de ces trois sorties médiatiques, il n’a été interrogé sur les accusations d'antisémitisme. « Ça nous profite », résume un proche de la campagne, qui ajoute préférer parler de fond que de répondre à ce qu’il considère comme de « fausses accusations ».

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Au RN, on tourne déjà la page

D’ailleurs, au parti, désormais, beaucoup font de l’affaire de l’histoire ancienne. Cela a commencé par l’entourage de Marine Le Pen, qui se remet à préciser que Jordan Bardella sera Premier ministre en cas de victoire à la présidentielle. Ce n’était plus le cas depuis deux semaines.

Un élu RN s’en persuade : « Mediapart n’a plus rien à révéler, après s’être fait manipuler par des néo-nazis », cite-t-il. Mais d’autres, notamment les plus chevronnés, restent prudents : « Il est probable qu’on nous réattaque d’ici au débat du second tour. » C’est le désavantage du favori de la présidentielle.

Car avec ou sans affaire, avec ou sans émeutes, Marine Le Pen domine toujours dans les sondages. Il reste toutefois encore six mois avant le premier tour, et tout va très vite.

Source: RFI · Raphaël Delvolve

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