Elles vont représenter Madagascar lors de la compétition de rugby à 7 aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, les Makis Ladies achèvent cette semaine une préparation intense à Antananarivo, après avoir participé à un stage en Tunisie mi-octobre. Techniques de mêlée, de plaquage, stratégies d’attaque et de défense : si rien n’est laissé au hasard, c’est avant tout grâce à leur mental que ces jeunes sportives et leur coach disent vouloir faire la différence.
De notre correspondant à Antananarivo,
La coach Dina Razafindratsara ne ménage pas ses douze joueuses. Sur le terrain à l’herbe jaunie du stade Maki d’Andohatapenaka, l’équipe enchaîne sous un soleil de plomb passes, plaquages et exercices de mêlées. « Les profils sont variés. Certaines évoluent dans des écoles de rugby depuis l’enfance, d’autres ont commencé il y a seulement deux ans, précise la coach. Elles ont passé des tests pour intégrer l’équipe. On a pris en compte leur taille, leur vitesse, leur technique et leur capacité intellectuelle à lire le jeu. »
Le rugby à 7 demande explosivité et réactivité. La partie est courte, 14 minutes, le jeu, très intense. Sarika Raveloarisoa, 17 ans, porte fièrement le maillot des Makis aux couleurs malgaches : rouge, blanc et vert. « Ce que j’aime dans le rugby à 7, c’est qu’il y a plus d’espaces, d’intervalles où je peux me faufiler, explique-t-elle. Que ce soit pendant les entraînements ou à la maison, je me projette, je fais comme si j’étais déjà au Sénégal, et j’entretiens ma rage de vaincre. »
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Sport très populaire dans les bas quartiers de la capitale, le rugby attire 20 000 fans à chaque rencontre au stade Maki. « Ce que le rugby m’a appris, c’est la solidarité, le partage, l’amitié, confie Savanna Rakotonindrina, 16 ans, qui rêve de devenir joueuse professionnelle. Je suis honorée de représenter le pays dans une compétition internationale à l’étranger, je suis excitée d’y aller, j’ai hâte d’y être ! »
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« Un état d’esprit de championnes ! »
Au bord du terrain, Zo Andrianantenaina soigne l’une des joueuses, blessée après un violent choc. Cette kinésithérapeute est consciente que leurs conditions de préparation sont loin d’être optimales à quelques jours du décollage pour Dakar. « Ici, à Madagascar, les athlètes n’ont pas de vrais nutritionnistes qui les suivent. Mais on essaye de les conseiller sur ce qu’il faut manger ou faire pour avoir plus d’énergie. Le vrai problème, c’est le problème financier, souligne la kinésithérapeute. Toutes ces joueuses-là n’ont pas le même niveau de vie au quotidien, certaines ne mangent que deux fois par jour. Cela va provoquer des carences. Mais heureusement, notre point fort, c’est le mental ! »
Ne rien lâcher, tout donner, c’est aussi le mot d’ordre de la coach dans son débrief après deux heures d’entraînement. « Quel est votre objectif aux Jeux olympiques ? Être championnes ? Alors, j’ose croire que vous avez un état d’esprit de championnes ! », s'exclame-t-elle.
Les Makis Ladies affronteront la République tchèque, l’Espagne et les États-Unis en matchs de poule.
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Source: RFI · Guilhem Fabry
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