Il aura fallu attendre une semaine pour entendre l’hymne national sénégalais aux Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar. La lutte a fait basculer le week-end des supporters des Lions : trois médailles d’or, une de bronze et, pour le pays hôte, une émotion à la mesure de l’attente. Élisabeth Diatta a ouvert la voie, avant Maguette Diop et Ndèye Khady Anna Diatta.

Publié le : 08/11/2026 - 21:43

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De notre envoyé spécial à Saly,

Il était temps. Les Sénégalais commençaient à trouver l’attente longue, presque crispante. Les éliminations du nageur Naël Lamine Voisin, puis celles des équipes masculine et féminine de futsal, qui nourrissaient des espoirs de médailles, avaient laissé place aux questions. Car après une semaine de compétition, une seule médaille de bronze, remportée par Matar Diop au judo, figurait au bilan du pays organisateur.

La lutte est arrivée à la rescousse. En deux jours, elle a changé le visage de la participation sénégalaise et offert au public des victoires à célébrer. Trois titres dans les huit épreuves auxquelles les Lionceaux avaient pris part, auxquels s’ajoute une médaille de bronze. Ce bilan dit le poids particulier de cette discipline au Sénégal. Dans un pays qui ne comptait jusque-là aucune médaille aux JOJ et dont l’unique médaille aux Jeux olympiques seniors reste l’argent d’Amadou Dia Bâ, en 1988, ces succès ont une portée qui dépasse le sable chaud du site olympique de Saly Ouest.

Élisabeth Diatta ouvre la voie

La première à faire retentir l’hymne sénégalais dans cette édition s’appelle Élisabeth Diatta. À 16 ans, elle a remporté l’or dans la catégorie des 55 kg et décroché le premier titre du pays hôte aux JOJ Dakar 2026, ce samedi 7 novembre. Une victoire historique. « Je suis tellement fière et honorée de cette médaille. Entendre l’hymne national retentir ici, chez nous au Sénégal, c’est le plus beau moment de ma vie. Cette victoire, elle est pour tout le peuple sénégalais qui nous a poussés jusqu’au bout. »

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Son succès a entraîné les autres. Chez les hommes, Maguette Diop a décroché l’or dans la catégorie des 80 kg. Il ne présente pas ce résultat comme un exploit surgi de nulle part, mais comme l’aboutissement de semaines de travail. « Ça fait trois mois qu’il y a le regroupement. Entre les séances de renforcement musculaire et le suivi de la préparation, j’étais très confiant et déterminé. »

Dimanche, Ndèye Khady Anna Diatta, qui ne payait pas de mine avec ses 45 kg, a elle aussi conquis l’or en battant la Mexicaine Karen Rios Silva. La victoire d’Élisabeth, la veille, lui avait donné un élan supplémentaire. « Élisabeth est comme une sœur pour moi. Hier (samedi), j’ai pleuré en voyant sa détermination. Cela m’a donné envie de gagner, moi aussi, la médaille d’or. » Dans son bonheur, la championne n’oublie pas ceux qui l’ont accompagnée : « Sans mes trois coaches, je n’y serais pas arrivée. Ils ont laissé leurs familles et leurs enfants pour venir nous soutenir, alors que nous ne sommes pas leurs enfants. Je veux leur dire merci. »

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Sa passion pour la lutte s’est nourrie de l’exemple de sa cousine Fatou Bintou, dans sa lointaine Casamance, mais aussi de celui d’Isabelle Sambou. « La lutte m’a beaucoup inspirée. Je me suis aussi dit qu’un jour, comme Isabelle Sambou, je pourrais devenir championne d’Afrique et championne du monde, représenter fièrement mon pays et porter le drapeau du Sénégal. » Neuf fois championne d’Afrique en lutte libre et championne du monde de lutte de plage en 2009, Isabelle Sambou fait aujourd’hui partie des coaches de l’équipe nationale.

Une suite à construire...

Pour Bira Sène, président de la Fédération sénégalaise de lutte, cette moisson est tout sauf un hasard. « Cette victoire, nous l’avons préparée : une victoire se prépare, se construit et se conquiert. Nous voulions montrer au monde entier que le Sénégal est un pays de lutte. C’est notre sport national, et il fallait montrer pourquoi il nous est si cher. »

Bira Sène espère que les trois titres et la médaille de bronze renforceront la place du Sénégal dans la lutte internationale. La fédération veut déjà regarder plus loin : elle a demandé à accueillir à Dakar, en 2028, les championnats d’Afrique de lutte olympique et de lutte de plage, ainsi que les qualifications Afrique-Océanie pour les JO de Los Angeles.

Reste à donner une suite à ce week-end doré. L’entraîneur de l’équipe nationale, Ablaye Thiam, dit Laye Ndangane, appelle de nouveau l’État à consacrer davantage de moyens à la lutte, qui a permis, dit-il, « d’honorer le Sénégal dans ces JOJ »

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Source: RFI · Ndiasse Sambe

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