Samedi 31 octobre, s'ouvrent les premiers Jeux olympiques de la jeunesse sur le continent africain. Ce sera à Dakar où, pendant 15 jours, 2 700 athlètes de plus de 200 pays disputeront 25 disciplines en compétition officielle. Parmi les compétitions où le Sénégal est particulièrement attendu : la lutte, sport le plus populaire du pays. Si tout le monde connaît la lutte traditionnelle pratiquée par les hommes, il existe aussi une équipe nationale de femmes lutteuses. Pour ces JOJ, qui imposent la parité pour chacune des disciplines, quatre Sénégalaises de moins de 18 ans défendront donc les couleurs du Sénégal.

Sur le sable et sous un soleil de plomb, ils sont 12 ce jour-là : six garçons et six filles, deux par deux, les genoux pliés, le haut du corps penché comme enlacés. Ils s'entraînent à la lutte de plage, dans les arènes nationales à Dakar. Elisabeth, du haut de ses 17 ans, vient d'entrer en seconde. Mais contrairement à ses camarades de classe en Casamance, elle n'a pas du tout la tête à sa rentrée scolaire cette année.

« Ces JOJ, je ne pense rien qu'à ces JOJ. Je ne pense même plus à l'école, parce que si je pense aux JOJ et à l'école, il y a une partie qui va m'échapper. Moi, je préfère les JOJ. J'espère ramener une médaille d'or pour l'honneur du Sénégal », affirme Elisabeth Ebedo Diatta.

Pour gagner, il faut faire tomber sa partenaire ou la faire sortir du terrain. La discipline olympique est assez proche de la lutte traditionnelle sénégalaise, le sport le plus populaire du pays. Mais pour Elisabeth, en short et maillot vert de la Fédération de lutte, membre de l'équipe nationale des cadets qui a décroché le bronze aux derniers championnats du monde en Égypte, plus que le sport, le plus dur, ce sont les clichés. « Certains disent que la fille ne doit pas pratiquer la lutte, car si elle pratique, elle va être comme un garçon, alors que ça c'est pas vrai, car moi, ça me fait du bien. Quand je pratique, ça me permet d'oublier certains soucis et d'éviter de me stresser », raconte la jeune athlète. 

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Isabelle Sambou, championne du monde en 2009, neuf fois médaillée d'or aux Championnats d'Afrique de lutte, est venue entraîner les jeunes athlètes sénégalaises. « Tout athlète souhaite aller aux Jeux olympiques, donc si tu as la chance de participer, il faut saisir cette chance et faire de ton mieux pour participer dignement et décrocher des médailles », les encourage Isabelle. 

Celle qui a ouvert la voie à la lutte féminine au Sénégal, véritable icône, confirme la force de la misogynie, même si les mentalités commencent à changer. « Il y a toujours des critiques chez les femmes en tant que sportives, et peut-être encore plus pour la lutte. Maintenant, c'est mieux, mais avant, tu croisais quelqu'un, il rigolait jusqu'à tomber par terre : "Quoi, une fille qui fait de la lutte, hahaha !", raconte-t-elle. Mais moi, tu sais, j'aime la lutte. C'est ma passion, c'est mon sport, c'est moi qui ai choisi de faire la lutte à bas âge. C'est l'occasion pour le Sénégal de faire connaître à tout le pays que les filles peuvent pratiquer la lutte. »

Car, pour l'heure, il n'y a qu'en Casamance que les femmes pratiquent ce sport, partie intégrant des traditions de l'ethnie diola. Dans une semaine, Elisabeth et trois autres lutteuses sénégalaises feront face à 44 athlètes femmes issues de 12 pays sur la plage de Saly.

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Source: RFI · Léa-Lisa Westerhoff

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