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Le procès de l’ex-sénateur, déjà condamné pour harcèlement sexuel en 2021, doit se tenir jeudi au tribunal correctionnel de Paris. Mis en cause par deux femmes, il dément les faits qui lui sont reprochés.

Jean-Vincent Placé, au tribunal de Paris, le 11 juillet 2018.

L’ex-secrétaire d’Etat écologiste Jean-Vincent Placé, déjà condamné en 2021 pour harcèlement sexuel, doit être jugé, jeudi 29 octobre, au tribunal correctionnel de Paris pour des agressions sexuelles, qu’il dément, sur deux femmes. L’enquête a été déclenchée par une plainte en novembre 2021 : Audrey (le prénom a été modifié), accusait son ancien supérieur de lui avoir touché les seins lors d’une soirée à Séoul en mai 2016.

Elle dénonce plusieurs agressions sexuelles, et du harcèlement sur plusieurs mois, lorsqu’elle travaillait pour lui au Sénat puis au secrétariat d’Etat à la réforme et à la simplification. La circonstance aggravante de « personne abusant de l’autorité par ses fonctions » a été retenue par l’accusation.

La deuxième plaignante, qui ne sera pas présente à l’audience, n’entretenait pas de lien professionnel avec M. Placé, aujourd’hui âgé de 58 ans. Marie (son prénom a été modifié) l’accuse dans une plainte, datée d’octobre 2023, de lui avoir touché la poitrine, les cuisses et d’avoir tenté de mettre sa main entre ses jambes, dans une voiture, en Corée du Sud, en mars 2017.

Un « long parcours de combattantes »

Plusieurs témoignages, selon l’ordonnance de renvoi consultée par l’Agence France-Presse, décrivent un homme « très lourd et insistant » avec les femmes, particulièrement sous l’emprise de l’alcool. Les accusations d’Audrey ont été corroborées par le témoignage d’un officier de sécurité. Ce dernier avait déclaré avoir entendu M. Placé dire « t’es ma préférée » et Audrey répondre « enlève ta main ». L’avocat des deux plaignantes, Me Tewfik Bouzenoune, salue l’aboutissement d’un « long parcours de combattantes » pour ses clientes et souligne qu’elles « n’ont pas varié d’un iota dans leurs déclarations » depuis le début de l’enquête.

L’ancien secrétaire d’Etat « réserve l’ensemble de ses explications à ses juges tout en continuant à contester toutes les accusations portées à son encontre », explique Me Jade Dousselin, l’une de ses avocates.

Le 1er mars 2021, M. Placé, alors membre du gouvernement sous la présidence de François Hollande, avait été condamné à une amende pour harcèlement sexuel sur une gendarme en 2016. Des faits qu’il avait reconnus lors d’une audience. En 2018, il a aussi été condamné à trois ans de prison avec sursis pour violences, outrage à une personne dépositaire de l’autorité publique et injure raciale. Dans les deux cas, il était en état d’ébriété. Après sa carrière politique, terminée en 2021, il s’était reconverti dans le privé, notamment au Maroc.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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