Mercredi sort un biopic sur le résistant Jean Moulin. Il s'inscrit dans la longue série des biopics qui pullulent au cinéma depuis ces dix dernières années. L'univers du grand écran a tout intérêt à capitaliser sur ces histoires de vie.

Radio France

Publié le 27/10/2026 14:22

Temps de lecture : 3min

Gilles Lellouche et Alain Goldman pendant la conférence de presse de "Moulin" à Cannes le 18 mai 2026. (ANDREAS RENTZ / POOL / GETTY IMAGES POOL)
Gilles Lellouche et Alain Goldman pendant la conférence de presse de "Moulin" à Cannes le 18 mai 2026. (ANDREAS RENTZ / POOL / GETTY IMAGES POOL)

Mercredi 28 octobre, sort "Moulin", un biopic sur le résistant de la Seconde Guerre mondiale. Ces films sont inspirés de la vie d'une personnalité réelle. C'est un genre très représenté au cinéma sur les sorties des dix dernières années. Par exemple, en 2019, Rami Malek devient Freddy Mercury, le leader de Queen dans Bohemian Rhapsody.

Il y a eu aussi pas mal de biopics musicaux avec Bob Marley, Robbie Williams, Bob Dylan, Elvis Presley et Elton John mais pas que. On a eu droit à un film sur les championnes de tennis Serena et Venus Williams, l'astronaute Neil Armstrong, l'auteur Romain Gary, le peintre Gauguin, le mime Marceau ou Simone Veil… Et récemment De Gaulle.

Mercredi c'est au tour de Jean Moulin. Il est porté à l'écran par le réalisateur hongrois Lazlo Nemes. Franceinfo a rencontré Gilles Lellouche, qui incarne, a priori avec pas mal de brio, le héros de la résistance. Jouer une figure historique française aussi forte que Jean Moulin, ce n'est ni anodin ni donné à tout le monde. Et c'est un Gilles Lellouche plein de gravité qui a abordé ce rôle, choisissant d'interpréter le grand résistant avec une sobriété bienvenue. "Dans un premier temps, déjà, on se dit : pourquoi moi plus qu'un autre ? Est-ce que je suis légitime là-dedans ? Et puis, en fait, après, ça dépasse assez vite l'idée de faire une composition, de jouer une partition. C'est juste d'essayer de rendre hommage à un homme et de se dire : en toute responsabilité, l'acteur va faire un pas de côté et servir un homme", explique Gilles Lellouche.

Et pour rester dans le personnage, Gilles Lellouche s'est isolé sur le plateau de tournage en Hongrie et en dehors. Il est rentré tous les soirs seul dans son hôtel pour dîner d'une simple soupe et dormir sans distraction ni excès. "Je savais que ce serait quelque chose de très éprouvant pour moi, mais aussi un peu pour le spectateur, confie l'acteur. On arrive à 5 heures du matin, on fait énormément de répétitions. On le prend dans la gueule et, en fait, je n’avais pas tellement envie d'avoir des soupapes, indique-t-il.

"Ce que j'ai éprouvé, c'est la solitude, beaucoup, et la tristesse."

Gilles Lellouche, acteur

à franceinfo

Au Festival de Cannes, où le film était présenté en compétition, certains ont reproché à Gilles Lellouche d'avoir l'air embarrassé par une question. Elle faisait un parallèle entre la France d'alors occupée par les nazis et la situation politique d'aujourd'hui, avec une extrême droite qui n'a jamais semblé aussi proche d'entrer à l'Élysée. Pourtant, on parierait que la profusion de films en lien avec la Seconde Guerre mondiale, comme Moulin, De Gaulle ou Notre Salut, n'est pas forcément un hasard. "C'est un écho au moment très fragile dans lequel on est, avec des conflits à nos portes, un peu partout, et des idées politiques qui se radicalisent de plus en plus. Donc, je pense qu'il était grand temps de revisiter notre histoire, de montrer ce qu'est l'horreur, face à une certaine idée de l'humanité avec deux camps qui s'affrontent : ceux qui se battent pour la liberté et ceux qui se battent pour des raisons beaucoup plus obscures", livre Gilles Lellouche.

Film singulier et imparfait mais plutôt réussi, Moulin trouve ses meilleures scènes dans les confrontations à huis clos entre Jean Moulin et l'officier SS Klaus Barbie, interprété par le comédien allemand Lars Eidinger.

Qu'est-ce qui explique qu'il y ait autant de biopics sur grand écran ? Premièrement la vie de ces personnalités est fournie et incroyable, presque romanesque. C'est du pain bénit pour les réalisateurs qui n'ont qu'à piocher pour écrire leur scénario. Et ça attire le public aussi parce qu'on parle de figures populaires. À l'arrivée, c'est très souvent un carton dans les salles. Par exemple en 2018, le film Bohemian Rhapsody, sur le leader de Queen a fait plus de 4 millions d'entrées en France. Plus d'un million aussi en 2021 pour Aline qui raconte la vie de Céline Dion, jouée par Valérie Lemercier. Elle décrochera d'ailleurs un césar pour ce rôle. Ou encore Michael, énorme succès en France pour le biopic sur Michael Jackson, incarné par son neveu, Jaafar. Le film a attiré plus de 5,5 millions de spectateurs dans les salles françaises et dans le monde, et rapporté plus d'un milliard de dollars.

Et la machine des biopics n'est pas près de s'arrêter. En mars sortira Badinter avec Bastien Bouillon dans le rôle de l'ancien garde des Sceaux. Pour le rockeur Johnny, son biopic sortira en juin. Benjamin Voisin sera "l'idole des jeunes". En 2028, on aura droit à quatre films sur Les Beatles, un par membre du groupe. Enfin, un film arrive sur Louis de Funès joué par Pierre Lottin. Le tournage commencera début 2027.

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Source: Franceinfo · franceinfo, Matteu Maestracci

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