Jean-Luc Mélenchon, à Paris, lors de la manifestation du 24 octobre Abdul Saboor / REUTERS

S’il juge la capitalisation trop inégalitaire et instable, le candidat insoumis ne se «[plaint] pas» des bénéfices que lui apporte ce système en tant qu’ancien parlementaire.

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Faites ce que je dis, pas ce que je fais. Lors d’une interview fleuve de 2h30 avec l’économiste François Lenglet pour TF1, Jean-Luc Mélenchon a reconnu avoir bénéficié du régime de retraite par capitalisation, appliquée en partie pour les parlementaires, tout en affirmant qu’il n’était pas souhaitable pour le reste de la société.

Interrogé sur sa vie personnelle, le candidat de La France insoumise a admis avoir «eu de la chance». «Ma vie matérielle a été simplifiée et maintenant que je suis à la retraite du point de vue professionnel, je vis très confortablement, je ne peux pas dire autre chose», a-t-il concédé, avant de relever lui-même un «paradoxe» : «Je suis un partisan de la retraite par répartition et je vis de pensions de retraite que les assemblées acquièrent par des fonds de pensions.» Pour autant, le tribun insoumis «ne recommande pas à la société» ce système, dont il ne se «[plaint] certainement pas pour ce qui [le] concerne».

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Plusieurs candidats à l’Elysée, dont David Lisnard, Bruno Retailleau et Édouard Philippe, préconisent d’instaurer un pilier de capitalisation dans le système actuel. Le programme de Jean-Luc Mélenchon prévoit à l’inverse le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans, financé par une hausse graduelle des cotisations vieillesse et de la taxation des dividendes, sans recours à la capitalisation.

Interrogé mardi 27 octobre par les étudiants de l’ESSEC, il a assuré que le système par répartition restait «viable», l’augmentation de la productivité constatée ces dernières années compensant la dégradation de l’équilibre démographique entre actifs et retraités. Il juge la capitalisation trop inégalitaire («à la fin y’a la retraite pour les pauvres et ceux qui peuvent se payer la leur») et trop instable, car suspendue aux fluctuations financières. «À la première crise financière : “Couic !” Vous n’avez plus un rond. C’est ce qui s’est passé aux Etats-Unis pour les principales caisses de retraite par capitalisation», a-t-il lancé en référence à la crise de 2008.

Source: Le Figaro · Martin Hézode

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