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Lori Palard et ses deux fils Arlo (à gauche) et Soën (à droite), pêchent sur les rochers de la plage de Bon Renaud, sur l’île de Porquerolles le 15 septembre 2026.
BRICE PORTOLANO POUR « LE MONDE »

Par Anaïs Coignac

Publié aujourd’hui à 06h00

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EnquêtePorquerolles, Groix, Belle-Ile-en-Mer… certains urbains choisissent de changer radicalement de vie en s’installant sur une île du littoral français. Une quête d’authenticité et de douceur de vivre qui réserve quelques surprises.

Elle débarque en robe-chemise de lin, des méduses jaunes aux pieds. « Je ne mets que ça », s’amuse la néo-Porquerollaise, en fixant le plastique de ses sandales, élimé par des mois à crapahuter entre les routes de terre, le village et les rochers. Lori Palard, 30 ans, cheffe privée, n’aurait jamais imaginé s’épanouir sur une île de 12,5 kilomètres carrés habitée à l’année par 200 personnes (350 fiscalement), avec un accès au continent en quinze minutes mais limité par la météo et les horaires de navettes, soit moins d’une par heure hors saison touristique, de 7 h 30 à 18 heures. « J’étais une vraie Parisienne qui rêvait d’avoir un appartement au pied du métro », ironise celle qui s’est par la suite établie en Aquitaine, avant de s’installer à Porquerolles (Var).

Autour d’elle, les paysages au ciel azur et à la mer transparente surpassent la promesse des cartes postales sur les présentoirs du seul tabac de l’île. Pour ce bout de terre, le plus grand des trois de la presqu’île d’Hyères (Var), elle et son mari ont quitté leur vie bordelaise sans même connaître le Var. Le couple souhaitait vivre une expérience dans le Sud. Chef cuisinier, lui a postulé çà et là. « Nous étions dans la voiture quand mon mari a été rappelé pour travailler dans un restaurant à Porquerolles avec le logement inclus. J’ai regardé trois photos sur Google et j’ai dit oui tout de suite », se remémore Lori Palard.

Depuis, la jeune femme a accueilli son second enfant. « J’ai roulé à vélo jusqu’au port pour aller accoucher à l’hôpital d’Hyères », fanfaronne-t-elle. Elle préside l’association des parents d’élèves et s’est investie dans le comité d’intérêt local (CIL) qui fait remonter à la mairie, située à Hyères, toutes les problématiques insulaires. « Je me sens chez moi, ici », affirme celle dont les deux garçons de 3 et 7 ans sont devenus des enfants de l’île, n’en déplaise à certains natifs qui considèrent qu’elle et son mari ne seront jamais de « vrais Porquerollais ». Après l’école et la crèche, ils enfourchent leur vélo et direction la mer, les rochers et la forêt qui regorge de victuailles : asperges sauvages, grenades, arbouses, figues, oranges et champignons (en respectant les quotas).

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Source: Le Monde · Anaïs Coignac

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