Réouverture de rues à la circulation ou baisse du prix du stationnement… Plusieurs mairies ont changé leur politique concernant la place de la voiture en ville.

Radio France

Publié le 28/10/2026 07:06 Mis à jour le 28/10/2026 11:21

Temps de lecture : 4min

Circulation des voitures en ville (photo d'illustration) (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Après avoir limité la présence des voitures en ville, certains maires font marche arrière depuis les élections municipales. Des rues rouvrent dans plusieurs grandes villes et les tarifs de stationnement sont revus à la baisse. À Besançon, Strasbourg, ou encore Mulhouse,  les exemples ne manquent pas. C'est le cas aussi à Avignon. Et les réactions divergent. Quand certains déplorent des mesures contre l'écologie et la santé publique, d'autres les qualifient de bon sens pour aider les commerces et simplifier la vie des automobilistes.

Peu après son élection, Olivier Galzi, le nouveau maire d'Avignon, démonte avec une clé à molette dorée un premier panneau "sens interdit" devant les appareils photo et les caméras. Comme promis pendant sa campagne, le nouveau maire sans étiquette, soutenu par le centre droit, revoit en partie le plan de circulation de l'ancienne municipalité socialiste. 

Plusieurs rues sont rouvertes aux voitures et des doubles sens sont rétablis comme dans ce quartier juste au sud des remparts d'Avignon. C’est une décision saluée par de nombreux habitants. "Pour moi, c'est une bonne chose", se réjouit cette habitante. "Ravie, je ne fais plus de grands tours, c'est très bien", souligne cette autre. "Pour aller là-bas, il me fallait faire le tour de partout", explique un habitant du quartier. "On ne pouvait pas continuer tout droit, on était obligé de tourner à droite. Sauf que maintenant, au feu rouge, il suffit d'aller tout droit", explique une automobiliste, qui gagne 20 minutes de temps de trajet en heure de pointe. D’autres habitants témoignent aussi du nombre de bouchons et d’arrêts que l’ancien sens de circulation provoquait. "C'est débile ce qu'ils avaient fait", conclut un monsieur interrogé. 

Les automobilistes sont donc ravis, mais certains riverains, au contraire, subissent ce retour des voitures. "C'est catastrophique", se désole Sylvaine, dont l'appartement donne sur un boulevard de nouveau à double sens. "Ça roule tout le temps. Même le double vitrage n’est pas bon. Et je suis locataire donc je ne peux rien y faire. Je suis obligée de mettre des boules Quiès parce que les gens roulent comme des fous, c'est fatigant. Pour un quartier calme, je trouve qu'on est reparti dans un désordre", déplore-t-elle. 

L'association Les quatre boulevards s’indigne aussi, elle qui se bat pour moins de voitures en ville. Samuel César, son président, dénonce un retour en arrière. Les "sens interdit" avaient été positionnés en 2022.

"On était passé de 14 000 véhicules par jour sur nos boulevards, avec même des pics à 17 000 véhicules, à un retour qui était à peu près entre 3 000 et 4 000 véhicules par jour."

Samuel César, président de l'association Les quatre boulevards, engagée pour moins de voitures

à franceinfo

"Le retour de la voiture, c'est sûr que ça ne va pas dans le sens de l'Histoire. Ça va dans le sens de la pollution et du CO2, accuse Samuel César. On a des écoles qui sont situées sur ces boulevards. Il y a même un peu plus loin un ralentisseur qui fait qu'au contraire, ça accroît la pollution dans cette cour d'école qui complètement ouverte, donne-t-il en exemple. Aujourd'hui, on n'a plus envie de ça en fait."

Du côté de la nouvelle majorité à la mairie, on assume le retour des voitures. L'ancienne municipalité est allée "trop loin et trop vite", critique Nicolas Donnadille, adjoint chargé de la circulation. "On veut moins de voitures, bien sûr, comme tout le monde, dès lors que les personnes qui peuvent utiliser un autre moyen de transport efficace, puissent le faire. Aujourd'hui, ce n'est pas forcément le cas. Pour pouvoir justement baisser peut-être la voiture un jour, il faut d'abord et, préventivement, offrir des solutions alternatives : l'extension de trams, le développement de bus Chrono, continuer le développement des pistes cyclables. C’est après cela qu’on pourra voir dans quelle mesure la voiture aura sa place", explique l’adjoint à la circulation. 

Et Avignon n'est pas une exception. C’est le cas à Besançon où la majorité est tenue par Les Républicains, et à Mulhouse avec un maire étiqueté divers droite.  Là aussi, des rues ont été rouvertes. 

D'autres municipalités, elles, revoient les tarifs de stationnement. C’est le cas de Strasbourg, ville pionnière dans la réduction de la place de la voiture. La socialiste Catherine Trautmann a repris la mairie aux écologistes. Elle réduit nettement les prix pour se garer, parfois divisés par trois. C’est "une mesure sociale", défend l'élue, "une réforme qui permettait de répondre à la question du pouvoir de vivre".

"C’est 2,2 millions d'euros de restitution de pouvoir d'achat aux habitants."

Catherine Trautmann, maire de Strasbourg

à franceinfo

La socialiste ne croit pas à l'efficacité des contraintes sur les automobilistes. "Je n'ai pas la vision de mes prédécesseurs qui était de faire des sens interdits, des carrefours dans lesquels on est coincé. Ce qui avait été présenté comme un avantage s'est avéré au contraire une source de stress et de diffusion de la pollution atmosphérique de la voiture", affirme Catherine Trautmann. 

La maire de Strasbourg promet aussi de continuer à développer les alternatives à la voiture, comme elle l'a fait en créant le tram dans les années 1990. Elle rappelle également l'importance de passer à des véhicules plus propres. Et là, l'État a son rôle à jouer, avec des aides plus massives à l'électrification. En France, la pollution de l'air tue chaque année 40 000 personnes.

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Source: Franceinfo · franceinfo

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