Un manifestant secouriste a été passé à tabac par les policiers, il a reçu des coups de matraque et a fait un malaise. Les vidéos ont fait le tour des réseaux sociaux. Beaucoup d'internautes se sont même demandé si c'était lui qui était mort, samedi, en marge de la manifestation.
Radio France
Publié le 20/10/2026 19:18
Temps de lecture : 3min
Cela fait plusieurs jours que des centaines d'internautes et des élus se demandent ce qui est arrivé à un street medic (manifestant bénévole ayant reçu une formation de premiers secours), samedi 17 octobre, place de la République. Franceinfo l'a retrouvé, il n'est pas mort, mais il est blessé et choqué. L'homme qui est mort près de la place de la République avait en fait 59 ans.
Samedi, vers 16h, cela fait déjà plusieurs heures que les policiers affrontent les manifestants sur la place de la République à Paris. Antoine, 26 ans, formé aux gestes de secours, voit un camion canon à eau approcher et essaie de l'empêcher de passer. "Je me suis dit qu'un medic qui s'interpose, c'est un peu symbolique, raconte-t-il. Je me suis mis au milieu et j'ai simplement tendu les bras de manière à ce qu'ils voient que je n'étais pas menaçant."
Plusieurs vidéos de la scène, que nous avons authentifiées, le montrent en effet, les bras écartés. Il n'est pas menaçant, mais les policiers arrivent, et lui donnent des coups de boucliers et de matraques. Antoine dit plusieurs fois qu'il est street medic, mais rien n'y fait. Il est seul, entouré par plusieurs dizaines de policiers. "C'était écrit sur mon tee-shirt et j'avais un brassard que j'avais bricolé avec une croix rouge. J'ai pris plusieurs coups à la tête, des coups un peu partout, il y a un truc qui m'a explosé dans le dos, je ne sais pas ce que c'est mais ça m'a brûlé. Là, c'est un peu le black-out. Je me souviens avoir réussi à m'extirper, mais après, c'est un trou noir jusqu'à ce que je me réveille dans un camion de pompiers."
"Quand j'ai senti que je perdais connaissance, je n'ai pas cherché à lutter. Je me suis laissé aller, je ne savais pas ce qui allait se passer derrière, donc je ne préférais pas être conscient." Pendant qu'il est inconscient, les CRS le traînent par terre, d'abord par le sac à dos, puis ils le laissent quelques instants allongés sur le sol, dans les débris des affrontements. Ensuite, ils le portent par les jambes et les bras, l'emmènent plus loin, et finissent par le mettre en position latérale de sécurité. Beaucoup d'internautes pensent alors qu'il est mort.
D’autres street médics et des journalistes viennent l’aider. L’un d’eux avait une caméra sur son casque et a publié une vidéo de la prise en charge sur X sur un compte baptisé Urne de rue. Il nous a raconté avoir aidé à transporter le blessé jusqu’à une rue à côté pour qu’il soit pris en charge par les pompiers. Sa vidéo montre Antoine reprendre doucement connaissance. "Il ne présentait pas de lésion ni de fracture apparente, on a décidé de l’éloigner des affrontements de la place de la République pour qu’il soit sécurisé."
Il rentre chez lui, mais il se sent mal tout le week-end. "Je suis tout le dimanche au lit avec des maux de crâne assez importants, et lundi, comme ça n'allait pas mieux, j'ai appelé le SAMU pour aller à l'hôpital." Antoine a un traumatisme crânien. Il n'a pas déposé plainte. Il ne croit pas en l'efficacité de l'IGPN, la police des polices.
Dans une vidéo publiée sur Instagram, mardi 20 octobre, il s'adresse aux manifestants : "Je voudrais quand même vous appeler à faire doucement parce que [le pouvoir en place] n’attend que qu’il y ait de la violence en face. On va rester pacifistes. Ils chercheront toujours à décrédibiliser tous les mouvements qui sont contre eux."
Antoine assure qu’il retournera en manifestation pour prodiguer les soins de premiers secours et pour dire son opposition à la politique du gouvernement.
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Source: Franceinfo · Armêl Balogog
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