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Premières manifestations, premiers débats, premiers engagements militants… Pour de nombreux jeunes, le mouvement lycéen coïncide avec une prise de conscience politique accrue qui transforme leur quotidien, à six mois d’une élection présidentielle à laquelle ils ne pourront pas toujours prendre part.
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A posteriori, Lokman l’admet volontiers : lorsqu’il a proposé à quelques potes de faire leur propre blocus, le lundi 28 septembre au matin, devant leur lycée, Emmanuel-Mounier, proche des quartiers populaires du sud de Grenoble, inspiré par les vidéos TikTok de ceux qui fleurissaient en Ile-de-France, il était loin d’imaginer « déclencher un truc pareil ». A l’origine, cet élève en première générale entendait surtout partager « les mêmes revendications », celles d’un « système scolaire défaillant » et d’un « sentiment d’exclusion et de tri social » qui privent « les jeunes des quartiers de pouvoir envisager un avenir radieux ». Mais, après trois semaines ininterrompues de blocage qui ont fait tache d’huile dans les lycées voisins du centre-ville, son quotidien a comme basculé.
Devenu l’un des fers de lance de cette mobilisation, impliqué dans les AG interlycée, Lokman, 16 ans, n’a pas vraiment eu le choix : « Il a bien fallu se politiser », raconte-t-il. « Avant, on va dire que j’étais conscient de la situation politique globale, avec les inégalités et la montée de l’extrême droite. Mais je ne connaissais pas vraiment les faits réels ou les statistiques, je ne me sentais pas capable de m’exprimer correctement, je n’aurais jamais imaginé me retrouver à parler avec des journalistes ou même un sénateur ! »
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Source: Le Monde · Barnabé Binctin
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