Cet article vous est offert
Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous.
Vous n’êtes pas inscrit sur Le Monde ?
Inscrivez-vous gratuitement
Par Jessica Gourdon
Publié aujourd’hui à 14h09Article réservé aux abonnés
ReportageDans ce « swing state » du sud-ouest des Etats-Unis, où Donald Trump avait obtenu la majorité des voix en 2024, la baisse du pouvoir d’achat alimente la poussée du vote démocrate, notamment chez les Américains d’origine hispanique, qui contestent aussi les excès de la politique « anti-immigration » de la Maison Blanche.
Sur un grand parking de Phoenix, la capitale de l’Arizona, une cinquantaine de voitures patientent, les unes derrière les autres. En cette fin d’octobre, il fait encore chaud dans ce vaste Etat du sud-ouest des Etats-Unis, célèbre pour son Grand Canyon et ses cactus. La file avance par saccades. Au bout, on aperçoit des sacs de nourriture. Pain, pâtes, légumes en conserve… En deux minutes chrono, des bénévoles de la banque alimentaire St. Mary’s remplissent les coffres de huit véhicules à la fois. Puis place à la fournée suivante. Rien à payer, ici, tout est gratuit.
Jamais autant de monde n’a fréquenté le drive de St. Mary’s, une organisation caritative, qui opère sur de multiples lieux en Arizona. « Depuis la sortie du Covid-19, notre fréquentation augmente de 10 % à 15 % par an. En 2026, certains sites seront à + 20 %. L’inflation sur les prix alimentaires a été destructrice pour de nombreuses familles, qui n’arrivent plus à payer leurs factures et se nourrir avec leur salaire. On voit aussi de plus en plus de retraités », décrit Jerry Brown, porte-parole de l’association. Aux Etats-Unis, les prix de la nourriture ont augmenté de 2,5 % cette année et, en cumulé, sur cinq ans, la hausse atteint 26 %. Pour certains produits, notamment le bœuf, c’est encore plus.
Steeve Barnum, 65 ans, conducteur de camion à la retraite, a, pour la première fois, recours aux services de St. Mary’s. Même s’il est propriétaire de sa maison, sa retraite de 1 800 dollars (1 600 euros) par mois ne lui suffit plus. « Avant, mes cinq sacs de courses au supermarché Walmart pour la semaine, j’en avais pour 60 dollars. Aujourd’hui, c’est 150 dollars », dit-il. Jennifer Juan, 53 ans, créatrice de bijoux, vient aussi chercher un carton de nourriture pour elle, sa fille et sa petite-fille, installée dans un siège bébé à l’arrière. « On ne mange plus que du riz, des haricots et du frybread [pain frit]. Avant, on pouvait se faire des petits plaisirs, un steak, de la viande hachée, mais c’est fini », soupire cette Américaine. Lors des prochaines élections de mi-mandat, le 3 novembre, elle votera « pour les démocrates », à cause de ce contexte économique : « Je suis très, très, déçue par Trump. J’ai honte d’avoir voté pour lui lors de la dernière élection. »
Il vous reste 77.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Source: Le Monde · Jessica Gourdon
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira