Avec ses quatre millions de voix d'avance, les électeurs de Lula célèbrent sa victoire. Le vainqueur était pourtant en mauvaise posture au premier tour. Son concurrent cherche quant à lui à faire annuler l'élection.

Radio France

Publié le 26/10/2026 08:32 Mis à jour le 26/10/2026 14:09

Temps de lecture : 2min

La joie d'un électeur de Lula après sa victoire à l'élection présidentielle dans les rues de Rio de Janeiro le 25 octobre 2026. (MAURO PIMENTEL / AFP)
La joie d'un électeur de Lula après sa victoire à l'élection présidentielle dans les rues de Rio de Janeiro le 25 octobre 2026. (MAURO PIMENTEL / AFP)

Le Brésil a connu dimanche 25 octobre une soirée électorale historique. Jamais un candidat distancé au premier tour n'avait remporté le vote final. Luis Ignacio Lula da Silva, l'icône de la gauche brésilienne et ancien métallo aux 40 ans de carrière politique, a été élu dimanche pour un quatrième mandat non consécutif. Il a récolté plus de 51% des suffrages contre 48 pour son adversaire, le conservateur Flavio Bolsonaro.

Dans les rues de Sao Paulo, une immense marée humaine s'est formée après la victoire de Lula dimanche. "Je dois cette victoire à la jeunesse rebelle qui s'est levée pour défendre la démocratie", a lancé Lula à la foule. À Rio de Janeiro, un bar minuscule au milieu d'un quartier bolsonariste est gagné par l'hystérie à l'annonce du résultat final. Lula a une fois de plus sauvé le Brésil pour Tomas qui tombe dans les bras de sa mère. "J'étais très nerveux. J'ai eu du mal à y croire. Il n'y avait jamais eu de revirement au second tour. Mais il a eu un soutien populaire incroyable des étudiants, des personnes âgées. Ce type est dément", se réjouit-il dans une ambiance survoltée.

"Personne n'aura jamais autant fait pour le Brésil que lui."

Tomas, électeur de Lula

à franceinfo

Paola elle est vêtue de rouge de la tête aux pieds. Même son chien porte un maillot du Parti des travailleurs. Elle est soulagée d'avoir barré la route aux bolsonaristes. "La droite et la gauche s'entendaient bien avant. Mais le bolsonarisme c'est autre chose. Ils ont la haine. Je suis hyper contente", jubile-t-elle.

La campagne était pleine de tensions avec une élection indécise jusqu'au bout. Le dépouillement était digne des plus grands scénarios à suspense. Lula le tribun en a presque perdu la voix. "Heureux. Je suis un président heureux. Aujourd'hui, nous avons atteint le plus faible taux d'abstention dans l'histoire du pays. Je veux remercier le peuple brésilien pour la générosité qu'il me manifeste depuis tant de temps", s'égosille-t-il.

La joie de Lula et de ses partisans est aussi intense que l'amertume du camp bolsonariste. Même avec un résultat sans appel, la gauche travailliste brésilienne a récolté plus de quatre millions de voix d'avance, Flavio Bolsonaro n'accepte pas sa défaite, à l'image de son père. "Ce qui s'est passé aujourd'hui n'est pas normal, c'est même inacceptable. Un juge de la Cour suprême, un ancien avocat de Lula, à 17h01 a pris la décision de prolonger les élections de deux heures. C'est du jamais vu dans l'histoire du Brésil. Il est impossible de reconnaître le résultat des élections dans le contexte où ces événements se sont déroulés", dénonce-t-il.

Dans sept états du Brésil, la gauche a accusé les élus locaux d'avoir réduit la circulation des bus pour empêcher les électeurs de se rendre aux urnes et a obtenu une prolongation du vote. La mesure avait été validée par les deux camps. Flavio Bolsonaro la remet aujourd'hui en question pour tenter d'annuler l'élection.

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Source: Franceinfo · franceinfo, Olivier Poujade

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