Par Le Figaro avec AFP

Publié le 08/11/2026 à 18h36

39 hommes ont été éxécutés en lien avec les manifestations de janvier, selon l’organisation Iran Human Rights (IHR). ytemha34 / ADOBE STOCK
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La justice iranienne a annoncé dimanche l'exécution de trois hommes condamnés pour avoir agi pour le compte d'Israël et des États-Unis lors des vastes manifestations antigouvernementales de janvier, à l'issue d'un procès dénoncé comme inique par une ONG de défense des droits humains. Selon l'organisation Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège, ces pendaisons à l'aube dans la ville de Karaj, près de Téhéran, portent à au moins 39 le nombre d'hommes exécutés en lien avec les manifestations de l'hiver, réprimées dans le sang en janvier.

«Comme d'autres avant eux, Hassan Divband, Hamid Kazemi et Reza Zanganeh ont été privés de leur droit à une procédure régulière et à un procès équitable», a dénoncé le directeur de l'IHR, Mahmood Amiry Moghaddam. «Des centaines d'autres, y compris des manifestants et des personnes arrêtées pendant la guerre, risquent d'être condamnés à mort ou de voir leurs condamnations à mort exécutées», a-t-il ajouté.

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Les trois condamnations à mort «ont été mises à exécution ce matin après avoir été confirmées par la Cour suprême», a indiqué Mizan, l'organe de presse du pouvoir judiciaire. Selon l'agence, les trois hommes ont été reconnus coupables d'avoir participé à «des activités opérationnelles pour le compte du régime israélien sioniste, des États-Unis et de groupes hostiles» durant les manifestations initialement déclenchées fin décembre 2025 par la hausse du coût de la vie.

Plus de 3000 morts ?

Le pouvoir judiciaire les accuse d'avoir alors fabriqué et fait usage de grenades et de cocktails Molotov, transporté et utilisé des armes blanches et des armes à feu, et incendié des infrastructures publiques à Karaj, à l'ouest de Téhéran. Cette ville satellite de la capitale a été le théâtre de vives manifestations entre décembre et janvier, des images publiées sur les réseaux sociaux montrant des habitants scandant des slogans contre les autorités dans les rues.

Selon l'ONG Hengaw, basée elle aussi en Norvège, l'allégation selon laquelle Reza Zanganeh, 27 ans, mécanicien spécialisé dans les voitures étrangères, aurait collaboré avec Israël «reposait uniquement sur ses activités professionnelles et ses déplacements antérieurs liés au travail». L'ONG a dénoncé de «fortes pressions» des autorité sur sa famille «pour qu'elle garde le silence». D'autres mis en cause dans cette affaire ont été condamnés à des peines allant de cinq à dix ans, a précisé Mizan.

Le mouvement de contestation débuté en décembre 2025 s'était rapidement transformé en vastes manifestations antigouvernementales, qui ont culminé les 8 et 9 janvier. Les autorités iraniennes ont fait état de plus de 3000 morts pendant la mobilisation, attribuant les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les États-Unis et Israël. Le bilan est bien plus lourd, selon des ONG basées à l'étranger, qui accusent les forces de sécurité d'avoir tiré délibérément sur les manifestants.

Depuis, les arrestations et les exécutions se sont multipliées dans le pays, en lien avec la fois avec les manifestations du début d'année et le conflit avec les États-Unis, déclenché en février par des frappes israélo-américaines contre Téhéran. Selon Amnesty International, l'Iran est le deuxième pays au monde qui exécute le plus de personnes, après la Chine.

Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP

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