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Publié le 26/10/2026 13:05 Mis à jour le 26/10/2026 13:06

Temps de lecture : 5min

Donald Trump lors d'un meeting républicain pour les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le 25 octobre 2026, à Port Huron (Michigan). (ALEX WONG / AFP)
Donald Trump lors d'un meeting républicain pour les élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le 25 octobre 2026, à Port Huron (Michigan). (ALEX WONG / AFP)

A Port Huron, quelques milliers d'électeurs républicains se sont rassemblés dimanche pour voir le président des Etats-Unis, venu soutenir les candidats de son parti aux élections de mi-mandat malgré une cote de popularité au plus bas.

"Vous ne vous rendez pas compte ! Pour une petite ville comme Port Huron, avoir une visite du président, c'est énorme !" Kim s'enthousiasme, les yeux braqués sur l'écran géant où Donald Trump vient d'apparaître sous les applaudissements du public. Comme cette trentenaire, quelque 4 000 personnes sont venues assister, dimanche 25 octobre, au meeting que donne le locataire de la Maison Blanche en soutien aux candidats républicains aux élections de mi-mandat dans le Michigan. De quoi réjouir le chef d'Etat, qui assure en montant sur scène que l'ancien président démocrate Barack Obama "n'a pas [attiré] la même foule", la veille, dans la ville voisine de Detroit.

L'affirmation n'est pas exacte, les démocrates ayant eux aussi dénombré 4 000 participants à leur rassemblement pour la campagne locale des midterms. Mais l'interminable file d'attente qui s'est formée dimanche matin dans les rues de Port Huron a surpris certains locaux et poussé Lynae et Hugh à renoncer à voir Donald Trump. "On a lu que la queue faisait 1,5 km, alors on vient observer ce qui se passe et montrer notre soutien", explique l'Américaine de 64 ans, qui a voté pour le milliardaire conservateur en 2024.

Kenny, lui, n'est pas étonné par la foule de supporters qui a convergé vers l'arène de hockey de la ville, casquettes rouges "Make America Great Again" sur la tête et pin's "Donald Trump est mon président" épinglés sur le torse. Car le milliardaire "a un effet magique", déclare avec ferveur le militant républicain de 36 ans.

"Quand j'étais jeune, on disait que le Parti républicain était en train de mourir. Donald Trump l'a réveillé et ça se voit encore aujourd'hui !"

Kenny, électeur républicain

à franceinfo

Kenny compte sur ce pouvoir du président des Etats-Unis pour donner l'avantage aux conservateurs dans le Michigan. C'est aussi le pari de Donald Trump, qui tonne depuis l'estrade : "Votez comme si je me trouvais sur le bulletin ! Quand je suis dessus, on gagne tout !"

Le milliardaire est en effet arrivé en tête dans cet Etat du nord, lors des présidentielles de 2016 et de 2024. Mais cette fois, les candidats républicains semblent mal engagés. A neuf jours du scrutin, le démocrate Abdul El-Sayed devance son adversaire Mike Rogers de trois points dans la course pour le Sénat, selon l'agrégateur de sondages de MS Now. Jocelyn Benson, qui brigue le poste de gouverneure, compte même sept points d'avance sur son opposant républicain, rapporte la chaîne.

Des badges à l'effigie de Donald Trump sont vendus aux abords du meeting du président des Etats-Unis, le 25 octobre 2026, à Port Huron (Michigan). (MARIE-VIOLETTE BERNARD / FRANCEINFO)
Des badges à l'effigie de Donald Trump sont vendus aux abords du meeting du président des Etats-Unis, le 25 octobre 2026, à Port Huron (Michigan). (MARIE-VIOLETTE BERNARD / FRANCEINFO)

Samedi, Barack Obama a estimé que l'implication dans la campagne de Donald Trump, qui écume les Etats-Unis pour convaincre les républicains de se rendre aux urnes, coûterait la victoire aux conservateurs. Il faut dire que le locataire de la Maison Blanche est particulièrement impopulaire : seuls 31% des Américains approuvent sa politique, selon un sondage pour Reuters. Mais la base trumpiste lui reste fidèle. "Je continue de croire en lui, il a fait plus pour ce pays que n'importe qui d'autre, plaide Lynae. Cela ne fait que deux ans qu'il est au pouvoir : il faut lui laisser du temps !"

Kim, une indépendante qui a voté pour Donald Trump en 2024, balaie les arguments des démocrates. Les prix des carburants, qui flambent depuis le début de la guerre en Iran ? "Ils étaient déjà élevés avant qu'il ne soit élu", assure l'Américaine.

"Le président essaie de nettoyer le désordre laissé par Joe Biden, mais ça ne se fait pas en un claquement de doigts."

Kim, électrice indépendante

à franceinfo

D'autres reconnaissent plus volontiers l'impact du mandat de Donald Trump sur le coût de la vie. Gerry, qui se décrit comme "conservateur fiscal" de 66 ans, admet que "les prix des carburants sont inquiétants". "J'ai des sous de côté donc je peux encaisser la hausse de l'essence, mais d'autres doivent renoncer à certains déplacements", souligne-t-il. "C'est un sacrifice que nous devons faire pour empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire", intervient son ami Tony, 65 ans. Face à ce risque, qu'importe l'inflation, "il faut tenir encore un peu", juge-t-il.

Gerry, un électeur républicain, dans la queue pour assister au meeting de Donald Trump au Port Huron (Michigan). (MARIE-VIOLETTE BERNARD / FRANCEINFO)
Gerry, un électeur républicain, dans la queue pour assister au meeting de Donald Trump au Port Huron (Michigan). (MARIE-VIOLETTE BERNARD / FRANCEINFO)

Entre deux louanges, les partisans du président lui trouvent bien un défaut : "Je n'aime pas sa manière de communiquer", résume Lynae. "Il a de bons arguments, mais il n'en parle pas de la bonne manière et les critiques se concentrent sur la forme au lieu du fond", regrette Kenny. Gerry est plus direct. Pour ce courtier immobilier résidant près de Détroit, les méthodes du président sont "grossières, pas subtiles, mais efficaces". Il cite la guerre des tarifs douaniers avec le Canada, premier partenaire commercial du Michigan, que l'on aperçoit de l'autre côté de la rivière Sainte-Claire.

"Trump les a secoués. C'est un businessman, qui négocie dur pour essayer de nous avoir le meilleur accord possible."

Gerry, électeur républicain

à franceinfo

Ce père de trois enfants rejoint aussi Donald Trump sur son opposition à l'extension de l'assurance-maladie publique à l'ensemble des Américains, proposée par le candidat démocrate Abdul El-Sayed. "J'ai parfois eu jusqu'à 30 000 dollars de factures médicales, confie Gerry. Mais, d'une manière ou d'une autre, on doit payer pour notre système de santé, il n'y a pas de bouton magique." A côté de lui, Tony "ne croit pas non plus" à la sécurité sociale universelle. "Les démocrates veulent faire des Etats-Unis un pays socialiste", estime le sexagénaire, également aligné avec la politique du président "sur l'immigration et les programmes de diversité".

Sur l'estrade aussi, les critiques pleuvent à l'encontre d'Abdul El-Sayed. Donald Trump ne cesse de prendre pour cible le candidat démocrate, qui pourrait devenir le premier musulman à siéger au Sénat. "Je suis là pour empêcher un jihadiste d'être élu sénateur", va jusqu'à affirmer le président, accusant le médecin de 41 ans d'entretenir des liens avec l'organisation islamiste des Frères musulmans. Pour le locataire de la Maison Blanche, Abdul El-Sayed représente "le nouveau visage des démocrates" mais "il ne devrait jamais être autorisé à entrer dans le Capitole".

Donald Trump, d'ailleurs, ne croit pas que le progressiste sera élu au Congrès. "Mike Rogers sera l'un de nos meilleurs sénateurs", promet-il, en pointant le candidat républicain présent dans l'assistance. Kenny, qui arbore fièrement un tee-shirt à l'effigie de Mike Rogers, pense comme le président que les conservateurs l'emporteront dans le Michigan. Et ailleurs. "Il n'y aura pas de vague bleue", couleur des démocrates, avance le trentenaire avec un sourire. "Les médias ont beau l'annoncer, les résultats seront serrés, comme toujours."

Kenny, un militant républicain, avant le meeting de Donald Trump à Port Huron (Michigan, Etats-Unis), le 25 octobre 2026. (MARIE-VIOLETTE BERNARD / FRANCEINFO)
Kenny, un militant républicain, avant le meeting de Donald Trump à Port Huron (Michigan, Etats-Unis), le 25 octobre 2026. (MARIE-VIOLETTE BERNARD / FRANCEINFO)

D'autres, parmi les milliers de trumpistes réunis pour voir "leur président", confient leurs inquiétudes à quelques jours de ce scrutin. "Il faut absolument que les électeurs républicains se rendent aux urnes, sinon on va perdre le Congrès", met en garde Hugh, les sourcils froncés sous l'effet conjugué du soleil et de la perspective d'une victoire démocrate. Le 3 novembre, un tiers des sièges du Sénat et tous ceux de la Chambre des représentants vont être renouvelés. "S'ils l'emportent, le président Trump ne pourra plus faire voter ses lois, ni faire avancer ses projets", s'alarme le septuagénaire. Pire encore : "Les démocrates pourraient essayer de le destituer", croit-il.

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Source: Franceinfo · Marie-Violette Bernard

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