Des manifestants se mobilisent pour la défense de l’État de droit, à Paris, le 12 avril 2025. IP3 PRESS/MAXPPP

ENQUÊTE - Dans une société polarisée, qui doute de plus en plus de sa justice, l’organisation professionnelle assume son activisme politique.

« Je sais que ça fait 22 minutes (que je parle) mais c’est comme ça. » Ce jeudi 17 septembre, la phrase de Manon Lefebvre, représentante du Syndicat de la magistrature, claque avec insolence dans la salle capitonnée de l’Assemblée nationale. « Euh… excusez-moi, on est quand même dans une commission parlementaire, pas au tribunal. On a le droit d’organiser les débats (…) et on ne finit pas à 18 heures comme vous pouvez l’insinuer ! », s’emporte face à elle Christopher Weissberg, député Ensemble pour la République, président de la commission parlementaire sur la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes. Invitées à donner leur avis sur le projet de loi, la représentante du Syndicat de la magistrature (SM) et sa collègue ont rapidement inversé les rôles, imposé leur tempo et pris le contrôle de la police de l’audience, en quelque sorte, face à des députés comme soudain infantilisés.

Pouvoir transcendant

La scène résume tout : d’un côté, la représentation nationale, qui tient de…

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Source: Le Figaro · Paule Gonzalès

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