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Analyse
Aurélie Fardeau
Si la hausse des taux freine la valorisation de certains produits déjà en portefeuille, elle offre aussi davantage de marges pour construire de nouvelles solutions, potentiellement plus rémunératrices.
Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 07h40 Temps de Lecture 2 min.
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L’appétit des épargnants pour les produits structurés ne s’est pas démenti ces dernières années. Les montants investis ont progressé jusqu’à dépasser 70 milliards d’euros en 2025, selon le fournisseur de données SRP. Et le début de l’année 2026 a confirmé cette tendance, avec une collecte en hausse de 35 % sur un an lors du premier trimestre.
Conçus pour une durée prédéterminée, ces produits offrent une rémunération liée à l’évolution d’un sous-jacent, qui peut être une action, un indice ou encore un taux d’intérêt. Leur promesse est séduisante : rechercher un rendement attractif tout en bénéficiant, selon les structures, d’une protection partielle ou totale du capital à l’échéance. Depuis 2017, le rendement moyen des produits arrivés à échéance a ainsi oscillé entre 4,9 % en 2020 et 8,5 % en 2025. En outre, le nombre de produits ayant conduit leurs porteurs à perdre de l’argent est resté extrêmement limité.
L’attrait pour les produits structurés s’est notamment renforcé avec le retour des formules à capital garanti à l’échéance. Plus particulièrement, au cours des deux dernières années, environ un tiers des produits émis bénéficiait d’une garantie du capital et prévoyait le versement d’un coupon annuel conditionné au maintien de taux d’intérêt bas, voire à leur baisse. Une proposition particulièrement adaptée aux détenteurs d’une assurance-vie souhaitant diversifier leur portefeuille tout en limitant leur prise de risque.
Mais le scénario d’une baisse régulière des taux d’intérêt ne s’est finalement pas réalisé. Certains de ces produits sont donc devenus temporairement non rémunérateurs. Leur valeur de marché a aussi mécaniquement diminué, de l’ordre de 15 % à 20 %.
Décision au cas par cas
Cette baisse de valorisation ne signifie toutefois pas nécessairement que l’investisseur va subir une perte. Pour les produits dont le capital est garanti à l’échéance, une décote sur le marché secondaire peut rester une perte « virtuelle », tant que le produit n’est pas vendu. En revanche, l’absence de versement de certains coupons constitue un manque à gagner. « Pour les produits jouant la baisse des taux, certains coupons ne seront pas versés, mais ces produits ont, en général, déjà distribué une partie de leur rendement, analyse Olivier Malteste, directeur des investissements de Yomoni. Par ailleurs, l’idée d’un nouveau paradigme, où les taux resteraient structurellement élevés, est loin d’être acquise. Il s’agit donc davantage d’un coût d’opportunité : ces produits étant à capital garanti, il serait dommage de renoncer à cette garantie en les revendant aujourd’hui. »
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Source: Le Monde · Aurélie Fardeau
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