Plus que quelques jours avant le début de la délivrance progressive de dix millions de barils de diesel issus des stocks stratégiques. Le gouvernement a donné des détails sur ce chantier d’ampleur.
Passer la publicité Passer la publicitéEnfin une bouffée d’air pour les automobilistes français qui dépendent du gazole. À partir de ce dimanche 1er novembre, le déstockage des réserves stratégiques de diesel va commencer sur injonction du gouvernement. Dix millions de barils vont ainsi être acheminés vers les stations-service. «C’est la première fois qu’une libération de stocks stratégiques a lieu pour avoir un effet prix», a insisté le ministère de l’Économie ce jeudi 29 octobre. Selon les estimations du gouvernement, la mesure va se traduire par une baisse de 12 à 18 centimes sur le prix du litre à la pompe.
Dès le 1er novembre, les automobilistes pourront théoriquement observer des diminutions de prix. Les distributeurs de carburant sont tenus d’afficher le montant de la baisse «de manière claire par un affichage visible», pouvait-on lire dans un arrêté publié au Journal officiel. Cette libération des stocks va être échelonnée sur trois mois, à raison de 3,3 millions de barils par mois. «Les acteurs bénéficieront d’un volume proportionnel à leur part de marché en 2025», précise le ministère de l’Économie. Le gouvernement promet ainsi que la baisse des prix atteindra «tous les Français sur tout le territoire».
Les distributeurs prêts «à jouer le jeu»
«Il y a un peu de logistique pour que les camions de stock sortent réellement», a euphémisé le gouvernement. Malgré tout, le gouvernement s’attend à ce que les baisses de prix aient lieu quasi-immédiatement, le 1er ou le 2 novembre. «Toute la chaîne est prête à répercuter et à jouer le jeu», ont insisté les équipes de Bercy en louant la bonne volonté de TotalEnergies, d’E.Leclerc, de la Coopérative U, d’Intermarché… «Les stations n’ont pas intérêt à être les dernières à afficher une baisse de prix», argumentent les équipes de Bercy.
En libérant ces réserves stratégiques, le gouvernement permet aux acteurs d’acheter du gazole à 28 centimes d’euros par litre. «C’est 3 à 4 fois moins cher que les prix actuels sur le marché», chiffre Bercy. «Plus les prix de marché s’envolent sur le pétrole, plus l’avantage économique est fort», ajoute le ministère. Les premiers acteurs sur la chaîne du pétrole sont tenus de répercuter cet avantage économique sur les distributeurs, qui eux-mêmes devront le répercuter aux stations-service, qui elles-mêmes devront le répercuter aux automobilistes. Un décret publié le 24 octobre «nous donne le droit de faire des contrôles et de sanctionner si l’avantage économique n’est pas répercuté», met en garde le ministère de l’Économie.
Les petites stations isolées bénéficieront aussi des baisses de prix
Par ailleurs, les acteurs n’ont pas toute latitude sur la tarification : «Ils sont tenus de répercuter de manière non discriminatoire d’un point de vue spatial». Des dispositions ont été prises pour que la baisse soit aussi visible dans les petites stations-service isolées, que ce soit dans les zones rurales, en montagne ou en Outre-mer. Des stations qui sont parfois éloignées des lieux de stockage des réserves stratégiques, qui sont au nombre de 80 dans le pays. Pour prendre en compte les délais d’acheminement plus élevé vers ces stations isolées, le gouvernement a prévu des «facilités de trésorerie» via un prêt à taux zéro.
Une autre interrogation portrait sur la reconstitution des stocks stratégiques. Si l’État avait forcé les opérateurs à reconstituer ces réserves trop rapidement, les automobilistes auraient subi un effet de rattrapage sur les prix à la pompe. Un autre décret a été publié pour abaisser le niveau des stocks stratégiques. «La tension internationale est sur les prix, pas les volumes. Nos stocks sont hauts et bien au-dessus des obligations», a argumenté le ministère de l’Économie pour répondre aux inquiétudes sur l’autonomie énergétique de la France.
Les ménages modestes pourront toujours bénéficier de l’aide grands rouleurs. Selon les estimations de Bercy, certains foyers pourront ainsi bénéficier d’une baisse de 60 centimes d’euro par litre de carburant. «Des aides qui ne sont absolument pas anecdotiques», a insisté le ministère.
Source: Le Figaro · Simon Chodorge
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