Par Le Figaro avec AFP
Publié le 30/10/2026 à 11h46
Deux ans après avoir été écartée, la maison d’édition française figure à nouveau parmi les exposants. Son absence était intervenue dans le sillage de la controverse autour du roman Houris, lauréat du prix Goncourt 2024, toujours interdit en Algérie.
Passer la publicité Passer la publicitéL'éditeur français Gallimard a fait son retour au Salon international du livre d'Alger dont il avait été écarté deux ans après la polémique autour du roman Houris de l'écrivain franco-algérien Kamel Daoud, selon le site internet de cette manifestation.
Le Salon, rendez-vous phare de la vie culturelle algérienne, a ouvert ses portes au public jeudi. Ses organisateurs n'ont pas précisé les raisons du retour de Gallimard. La maison française avait été écartée des éditions 2024 et 2025 après la publication de Houris, un ouvrage au cœur de procédures judiciaires en Algérie et en France et dont la diffusion reste interdite en Algérie.
Une Algérienne, Saada Arbane, accuse l'écrivain d'avoir pillé pour l'écrire son histoire personnelle à partir d'informations confidentielles qu'elle avait confiées à sa psychothérapeute, Aïcha Dahdouh, épouse de Kamel Daoud. Elle a engagé des poursuites en Algérie et en France.
Regarder la vidéo «La voix de Kamel Daoud ne doit pas effacer la mienne» : mise en cause dans la polémique sur le roman Houris, l'épouse de l'écrivain se dit «innocente»
Un roman qui divise
Houris, qui désigne dans la foi musulmane les jeunes filles promises au paradis, raconte le destin d'une jeune femme muette après qu'un islamiste lui a tranché la gorge le 31 décembre 1999. Le roman a remporté en 2024 le prix Goncourt, la plus prestigieuse récompense littéraire française. Kamel Daoud, qui vit en France, rejette ces accusations et affirme que son roman n'est pas fondé sur la vie de Mme Arbane.
Dans un communiqué transmis à l'AFP la semaine dernière, Aïcha Dahdouh, poursuivie en Algérie pour divulgation de secret médical, a nié tout manquement au secret professionnel. Le tribunal d'Oran devait rendre mardi son délibéré dans cette affaire, mais a renvoyé sa décision à une date non précisée, selon la presse locale.
Mme Dahdouh a également pris ses distances avec les positions de son époux, déclarant être en désaccord avec lui sur « trois questions essentielles : l'Algérie, l'islam et la Palestine ». Kamel Daoud, interdit de séjour en Algérie, avait annoncé en avril avoir été condamné à trois ans de prison ferme dans son pays natal pour avoir abordé la guerre civile dans son roman traduit en 32 langues. Il est visé par deux mandats d'arrêt internationaux émis par l'Algérie.
Source: Le Figaro · Le Figaro avec AFP
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