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L’opposition du président ultralibéral argentin estime que la fuite du candidat défait à la présidentielle brésilienne vers les Etats-Unis, où il est arrivé mercredi, a été « facilitée par le gouvernement argentin », auquel elle demande des comptes.

Le sénateur brésilien Flavio Bolsonaro et le président argentin Javier Milei, lors du congrès où M. Bolsonaro a été désigné candidat à la présidence du Parti libéral, à São Paulo, le 25 juillet 2026.

Le président argentin ultralibéral, Javier Milei, est accusé, dans son pays, d’avoir aidé Flavio Bolsonaro, candidat défait à la présidentielle brésilienne, dans sa fuite vers les Etats-Unis, où il est arrivé mercredi 28 octobre, en passant par l’Argentine et l’Equateur.

« [Flavio] Bolsonaro s’est enfui. [Javier] Milei l’a aidé », a accusé, mercredi, sur X le député Agustin Rossi, du bloc péroniste (centre gauche) premier groupe à la Chambre des députés. Il a précisée avoir demandé la convocation formelle du chef de cabinet des ministres, Diego Santilli, « afin qu’il rende des comptes devant le Parlement ».

Le sénateur d’extrême droite brésilien, allié idéologique de Javier Milei, est arrivé en Floride avec sa famille, trois jours après sa défaite à l’élection présidentielle. Dans la nuit de mardi à mercredi, il avait décollé de Puerto Iguazu, dans le nord-est de l’Argentine, où il était entré par voie terrestre depuis le Brésil moins d’une heure plus tôt, « muni de documents de voyage en règle, sans aucun obstacle légal », selon la Direction des migrations argentine.

Flavio Bolsonaro faisait l’objet, au Brésil, d’un ordre judiciaire le sommant de remettre ses passeports, alors qu’il fait l’objet de plusieurs enquêtes. Ses passeports ont depuis été annulés, mais il n’était pas visé par un mandat d’arrêt.

« L’un des faits les plus graves depuis le retour de la démocratie »

Selon Agustin Rossi, la fuite du candidat brésilien, « facilitée par le gouvernement argentin, est l’un des faits les plus graves depuis le retour de la démocratie, qui affectent la relation de notre pays avec le Brésil ». La requête de l’opposition argentine demande notamment d’éclaircir le rôle de Santiago Caputo, proche conseiller présidentiel, qui, selon le quotidien La Nacion, aurait été présent mardi soir à l’aéroport de Puerto Iguazu.

Un dirigeant du parti de gauche radicale Partido Obrero, Gabriel Solano, a pour sa part annoncé avoir déposé plainte au pénal contre Javier Milei et des services de l’Etat (diplomatie, renseignements, sécurité). Javier Milei « a été acteur fondamental d’une conspiration internationale dirigée par Trump pour permettre à Flavio Bolsonaro d’échapper à l’enquête de la justice brésilienne », a écrit Gabriel Solano sur X.

D’autres responsables de gauche ont sommé l’exécutif de s’expliquer, telle Myriam Bregman. Son groupe parlementaire va solliciter formellement un accès à l’information publique pour savoir « qui a pris les décisions », a-t-elle affirmé à l’Agence France-Presse.

Trois jours après l’élection au Brésil, Javier Milei n’a pas reconnu formellement la victoire du sortant de gauche Lula, un porte-parole présidentiel commentant que le gouvernement avait « pris acte » du résultat. Le président ultralibéral argentin était allé fin juillet au Brésil pour apporter son soutien à Flavio Bolsonaro.

Le Monde avec AFP

Source: Le Monde · Le Monde avec AFP

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