L'A69, dont la construction a été contestée quatre années durant par des associations écologistes, a été mise en service vendredi 6 novembre au matin, pour relier Toulouse à Castres. Mais le tarif du péage est jugé trop élevé, y compris par les plus chauds partisans de l'autoroute, a constaté un journaliste de l'AFP.
Publié le : 06/11/2026 - 19:03
4 min Temps de lecture
Dans un brouillard automnal épais, les premiers automobilistes ont emprunté l'autoroute peu après 10h45, ce 6 novembre 2026, devant les médias réunis sur la chaussée à Verfeil (Haute-Garonne) lors d'une visite organisée par Atosca, le concessionnaire de ce tronçon de 53 kilomètres avec un système de péage automatique sans barrières permettant, selon lui, un gain de temps de « 20-25 minutes » entre Castres et Toulouse. « C'est ouvert ? », a demandé Ronan, un chauffeur de poids lourd aux journalistes. « Alors je vais la prendre, je vais la tester , a-t-il poursuivi, après avoir appris qu'il pouvait désormais rouler sur l'autoroute contestée par nombre de recours juridiques.
Dernière controverse en date : le prix d'un aller-retour Toulouse-Castres, parmi les plus élevés de France. Il en coûtera 20,40 euros, selon les tarifs publiés jeudi 5 novembre au Journal officiel, en ligne avec ceux annoncés par Atosca. Ce tarif est la conséquence d'un avis défavorable du Conseil d'État, qui a remis en cause la légalité d'un avenant prévoyant des subventions des collectivités locales (Communautés de communes, département, Région) et de l'État pour faire baisser d'environ 33% le prix du péage de l'autoroute.
Il suscite des critiques jusque dans les rangs des défenseurs les plus convaincus de la nouvelle infrastructure. « Ce montant ne correspond pas à la parole donnée par l'État », a affirmé le président (PS) du département, Christophe Ramond, pro-A69 depuis le début, pour qui ces prix sont « beaucoup trop élevés pour les Tarnais ». « Pour une autoroute récente, elle est parmi les moins chères », a déclaré de son côté, peu avant l'ouverture de l'A69, le directeur général d'Atosca, Martial Gerlinger, disant s'attendre à 10 000 véhicules par jour « en régime de croisière ».
Un « intérêt public majeur » remis en question par les contestataires
« Quelles qu'aient été les positions de chacun sur ce dossier, nous pouvons nous satisfaire de voir cette étape franchie et ce projet entrer dans une nouvelle phase. Soutenue par les élus du territoire, l'A69 entre désormais dans sa phase d'exploitation », a déclaré le ministre des Transports, Philippe Tabarot, sur X.
Le projet d'A69 a donné lieu à une contestation d'associations et collectifs écologistes entamée avant le début du chantier, en 2023, et marquée par des manifestations, parfois émaillées d'incidents avec les forces de l'ordre, ainsi que de nombreux recours juridiques.
Ces opposants à l'A69 ont notamment obtenu fin février 2025 la suspension des travaux par le tribunal administratif de Toulouse, qui avait estimé que le projet ne présentait pas un « intérêt public majeur » justifiant les atteintes à l'environnement qu'il causait. Mais, dès fin mai 2025, la cour administrative d'appel de Toulouse avait autorisé la reprise du chantier.
« Mise en service glauque »
« Comme un symbole, c'est dans un brouillard à couper au couteau que se tiendra une mise en service glauque, celle d'une A69 vide à 20,40 euros aller-retour, alors que les forceurs du projet quittent le navire (...) Pas d'inauguration faute de volontaires pour couper le ruban », a déclaré dans un communiqué le collectif d'opposants La Voie est Libre (LVEL), citant notamment la présidente PS de la région Occitanie, Carole Delga, pro-A69 depuis la première heure mais qui a fustigé aussi son tarif.
Ces opposants n'ont pas jugé opportun de manifester jeudi, a expliqué à l'AFP Régis Lux, du collectif Lauragais sans bitume. « On n'a pas besoin de faire quoi que ce soit pour montrer l'ineptie de cette autoroute », a-t-il déclaré. Symboliquement, vêtus de blousons orange fluo, quelques dizaines de personnels de l'autoroute ont applaudi le directeur général d'Atosca lorsqu'il a enlevé les plots en plastique pour ouvrir une bretelle d'accès à Puylaurens (Tarn), avant qu'un automobiliste passe en klaxonnant. « On a tenu le choc par rapport aux difficultés », a encore déclaré Martial Gerlinger.
À lire aussiFrance: la justice administrative annule l'arrêté préfectoral autorisant le chantier de l’autoroute A69
Source: RFI · RFI avec AFP
At a glance
- Topic
- World
- Country
- 🇫🇷 FR
- Publisher language
- FR
- Added to Allnira